Économie

2020-06-13

Une question orale adressée à la ministre de l'Economie ACACIA

L'Assemblée nationale inter- pelle la ministre de l'Economie, Acacia Bandubola, au regard de la dépréciation spectaculaire du Franc Congolais, ces dernières semaines, face à la devise étran- gère. Une question orale avec débat, initiée par le député Daniel MbauSukisa (MLC) et déposée au bureau de la chambre basse du parlement vendredi 12 juin 2020, lui est adressée. L'initiateur de la motion affirme que la dépréciation de la monnaie nationale entraîne de façon spec- taculaire et systématique l'infla- tion sur les prix des produits de consommation sur le marché du- rant cette période de la crise sanitaire et économique, causée par la pandémie de coronavirus qui sévit en République Démocra- tique du Congo. Ce député veut savoir la politi- que monétaire mise en place par la ministre pour stabiliser la mon- naie nationale et juguler l'inflation pendant cette période de la crise économique. Il veut également être fixé sur les mesures d'urgence prises pour atténuer la pression de la re- crudescence sur le taux de change afin de donner la possibi- lité au Franc Congolais de retrou- ver sa valeur marchande. L'élu de Mont-Amba voudrait, en outre, savoir les mesures ur- gentes mises en place pour arrê- ter la flambée des prix des pro- duits de première nécessité ob- servée sur le marché.


2020-06-13

Le pain au levain meilleur pour la santé

On croit souvent que la levure de boulangerie, en cube ou en granulés déshydratés, repré- sente la vraie levure, par rap- port à la levure chimique type "L'Alsacienne". Mais en fait, pas du tout. Ces blocs de pâte de cou- leur beige, au goût acide, sont d'énormes paquets de champi- gnons microscopiques appelés "Saccharomyces cerevisiae", autrement dit des levures de bière. La levure de boulanger n'a rien à voir avec le levain Ces levures de bière produi- sent du dioxyde de carbone en grande quantité très rapide- ment quand vous leur donnez "à manger", de la farine par exem- ple. Elles font alors gonfler les pâtes en quelques heures. Mais cet effet n'a rien à voir avec celui du levain traditionnel ! Celui-ci se compose d'une flore complexe qui se déve- loppe naturellement, mais beaucoup plus lentement, à par- tir des micro-organismes pré- sents dans l'environnement. Ils peuvent se trouver dans l'air ou dans le récipient, dans la farine elle-même, dans l'eau lors- qu'elle n'est pas chlorée, ou encore sur les mains de la per- sonne qui a préparé le mélange farine-eau. Le levain est donc fait de bactéries, comme les lactobacilles, et de tous types de champignons microscopi- ques, variables selon l'endroit où vous vous trouvez. C'est pourquoi les arômes et la composition du vrai pain au levain traditionnel diffèrent se- lon le lieu. Il y a des millions, potentiel- lement des billions de bacté- ries et levures sur la Terre. El- les se multiplient lorsqu'elles trouvent un milieu propice, comme un mélange d'eau et de farine laissé à l'air libre. Le levain modifie la compo- sition moléculaire de la pâte à pain Ce levain, qui agit lentement, modifie la pâte à pain au ni- veau moléculaire, en même temps qu'il la fait gonfler. Il augmente la teneur du pain en amidon résistant, qui ne sera donc pas transformé en glucose par l'intestin. La consé- quence est que l'index glycémique du pain au levain est beaucoup plus bas que celui d'une baguette classique (65 au lieu de 95). Une étude de 2012 a montré que les personnes obèses ou en surpoids ont une glycémie (su- cre sanguin) plus basse lors- qu'elles mangent du pain au le- vain, ce qui réduit leur risque de diabète de type 2 [1]. Une autre étude a montré que le pain de seigle au levain réduit même la production d'insuline à la fin d'un repas [2]. Le levain produit des vitami- nes, de l'acide lactique, et dé- coupe les molécules de gluten en petits morceaux " Le levain produit des vita- mines : le pain au levain contient plus de vitamines C, B1, B2, K, et folates. " Le levain produit de l'acide lactique qui augmente la solubi- lité des minéraux : cela aug- mente la solubilité du magné- sium, et du phosphore. " Le levain, enfin, découpe les molécules de gluten en pe- tits morceaux, ce qui le rend beaucoup plus digeste. Sur ce point du gluten, qui est essentiel, vous vous en aperce- vez quand vous mangez du pain au levain car il est beaucoup moins "caoutchouteux", collant et étouffant que le pain à la le- vure chimique ou à la levure de boulanger. Le gluten est la partie de la pâte à pain qui lui donne une texture de chewing-gum. Il est difficile à digérer, car il s'agit d'une molécule géante, difficile à découper par les enzymes de digestion. Beaucoup de personnes sont sensibles, voire intolérantes au gluten. Elles ressentent donc de l'inconfort, parfois des dou- leurs, quand elles mangent du pain. Ces problèmes s'atté- nuent, et peuvent disparaître complètement, en mangeant tout simplement du pain au le- vain. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le site LaNutrition qui publie un article très fouillé sur les avantages de pain au levain pour la santé (voir : https://www.lanutrition.fr/ les-bonnes-raisons-de-faire- ou-de-manger-du-pain-au-le- vain) A votre santé !


2020-06-08

La Banque africaine de développement lance une enquête indépendante sur son président

La Banque africaine de déve- loppement (BAD) a annoncé jeudi soir le lancement d'une enquête indépendante sur les accusations de prévarication contre son prési- dent, le Nigérian Akinwumi Adesina, seul candidat à sa réé- lection pour un nouveau mandat mais dont la position apparaît de plus en plus fragilisée. Après avoir temporisé deux se- maines, l'institution panafricaine de développement, qui siège à Abidjan, a finalement cédé à l'exi- gence des Etats-Unis, insatisfaits de l'enquête interne qui avait to- talement disculpé M. Adesina de graves accusations formulées par un groupe de " lanceurs d'alerte ", telles que " comportement con- traire à l'éthique, enrichissement personnel et favoritisme ". " Le Bureau (du Conseil des gouverneurs de la BAD) convient d'autoriser une revue indépen- dante " sur les " allégations " des lanceurs d'alerte visant M. Adesina, a déclaré dans un com- muniqué la présidente du bureau du Conseil, Nialé Kaba, également ministre ivoirienne du Plan et du développement, à l'issue d'une nouvelle réunion du Bureau ce jeudi. Cette " revue indépendante de- vra être menée par une personne neutre, intègre, de haut calibre, ayant une expérience incontesta- ble et une réputation internationale avérée, dans un délai de deux à quatre semaines maximum, en te- nant compte du calendrier électo- ral " de la Banque, qui doit élire son président fin août, précise Mme Kaba. Adesina, élu en 2015 à la tête de la BAD, l'une des cinq princi- pales banques multilatérales de développement au monde, fait l'ob- jet depuis le début de l'année d'une série d'accusations embar- rassantes, divulguées dans la presse en avril. Dans un rapport détaillé, les lanceurs d'alerte lui reprochent son favoritisme dans de nombreu- ses nominations de hauts respon- sables, en particulier de compa- triotes nigérians, d'avoir nommé ou promu des personnes soupçon- nées ou reconnues coupables de fraude ou de corruption, ou en- core de leur avoir accordé de con- fortables indemnités de départ sans les sanctionner. Des accusations réfutées en bloc par M. Adesina, 60 ans, premier Nigérian à diriger la BAD de- puis sa création en 1964, qui a clamé à plusieurs reprises son " innocence ", et qui avait rapide- ment été disculpé par la Banque sur la foi d'un rapport de son co- mité d'éthique interne. - " Mystification et enfumage " - Mais les Etats-Unis, deuxième actionnaire de la BAD après le Ni- geria, ont exigé fin mai le lance- ment d'une enquête indépendante, remettant en cause, dans une let- tre cinglante du secrétaire améri- cain au Trésor Steven Mnuchin, le travai l du comité d'éthique, et pro- voquant une sérieuse crise dans l'institution panafricaine. " Considérant l 'étendue, la gra- vité et la précision des allégations contre le seul candidat au lea- dership de la Banque pour les cinq prochaines années, nous pensons qu'une enquête plus approfondie est nécessaire pour que le prési- dent de la BAD bénéficie du sou- tien et de la confiance complets des actionnaires ", écrivait M. Mnuchin. La décision de lancer une en- quête indépendante a été prise " dans le but de réconcilier les dif- férents points de vue ", précise d'ai l leurs Mme Kaba. Alors que sa réélection semblait assurée i l y a six mois, avec le sou- tien de l'Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l 'Afrique de l 'Ouest, et à la suite d'une augmentation de capital géante de 115 mi ll iards de dol lars acceptée en octobre 2019, la position de M. Adesina apparaît désormais de plus en plus fragi le. Cet homme charismatique au style volontiers flamboyant se bat néanmoins comme un beau diable, vilipendant ses adversaires, van- tant son bilan et cherchant tous les soutiens possibles. Le président nigérian Muhammadu Buhari lui a publ ique- ment fait part de son soutien mardi, après l'avoir reçu à Abuja. Economiste spécialiste du déve- loppement, M. Adesina était minis- tre de l'Agriculture de son pays avant de présider la BAD. Il a aussi reçu le soutien d'une douzaine d'anciens chefs d'Etat africains qui ont signé une lettre commune. En revanche les actionnaires non africains de la BAD semblent plus circonspects sur son action, selon des observateurs. La BAD compte 80 pays action- naires (54 pays africains et 26 non africains, d'Europe, d'Amérique et d'Asie). El le est la seule institution africaine cotée triple A par les agences de notation financière. En interne, la gestion du per- sonnel menée par M. Adesina a causé des remous depuis cinq ans, entrainant le départ de nombreux cadres. Dans une lettre ouverte datée du 30 mai, un " groupe de mem- bres du personnel africain de la BAD " a durement critiqué sa ges- tion, lui reprochant " mystification et enfumage ", c'est-à-dire de communiquer plus que d'agir, et d'avoir " affaibl i " la Banque.


2020-06-08

Le gouvernement congolais invité à honorer ses engagements pour valider son candidat

Sur les quatre candidatures déposées par les citoyens congo- lais à la présidence des commis- sions spécialisées de la Commu- nauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), une seule est en voie d'aboutir. Mais, il faut au préalable que la RDC remplisse les conditions exigées. Informations données par le ministre d'Etat à la Coopération internationale, intégration régio- nale et francophonie lors du Con- seil de ministres de ce vendredi 05 juin 2020. Parmi ces conditions, a indiqué le ministre, il faut que la RDC ra- tifie le Traité révisé de la Commu- nauté et régularise des arriérés des contributions des Etats con- cernés à hauteur de 40%. Et ce, avant la fin du mois de juin 2020. Cette candidature de la RDC intervient en un moment où la CEEAC procède à la restructura- tion de cette communauté dont une nouvelle équipe verra le jour dès le mois de juillet prochain. Cette restructuration apporte une nouvelle configuration à la communauté qui aura désormais, un Commissaire général suivi de sept commissaires. L'apport de la RDC dans le CEEAC La RDC, grâce à la diplomatie menée par le président Félix An- toine Tshisekedi Tshilombo, dé- sire avoir désormais droit au cha- pitre. Une ambition, tout à fait lé- gitime, dans un espace géogra- phique où la RDC dispose à elle seule d'environ la moitié de la po- pulation qui compose la commu- nauté, et aussi c'est le territoire le plus vaste pour ne pas dire parmi le plus riche de la commu- nauté. Autre aspect non négligeable, la RDC, avec ses neuf frontières, comprend également qu'elle a in- térêt à s'imposer dans la région, en participant à une vaste ouver- ture économique. La CEEAC a longtemps été cri- tiquée pour sa léthargie, son in- capacité à mettre en place un vé- ritable marché commun pour les États membres. Il faudrait tout de même considérer que l'instabilité politique et sécuritaire a large- ment joué en défaveur de cette or- ganisation. Car il est difficile de bien entreprendre en période de conflits. Néanmoins, les chefs d'États, réunis à Libreville, au Gabon, le 18 décembre 2019, ont adopté et signé une déclaration politique portant sur la ré-dynamisation de la CEEAC.


2020-05-11

L'Etat contraint de payer 619 millions USD de dommages et intérêts à une entreprise pétrolière

L'Etat congolais est contraint de payer 619 millions USD de dommages et intérêts à la société sud-africaine DIG OIL pour n'avoir pas honoré deux con- trats pétroliers, plus de 11 ans durant. Si le jugement de la Chambre de com- merce internationale de Paris (CCI) rendu en novembre 2018 l'a confirmé, cette société vient de saisir la Justice américaine. Objectif : faire exécuter la sentence arbitrale en vertu de la Con- vention de New York. En effet, la société DIG OIL multi- plie les stratégies et tient à tout prix à contraindre l'État congolais à obéir à la décision rendue fin 2018 par un tribunal arbitral en France. D'après Bloomberg, elle a déposé son dossier auprès du Tri- bunal du district de Columbia, le 30 avril 2020. Et le Gouvernement congolais a 60 jours, soit deux mois, pour répondre avec ses éléments de défense. Par cette démarche judiciaire, la société sud-africaine, représentée par son directeur exécutif Andrea Brown et le cabinet d'avocats Gibson, Dunn & Crutcher LLP, espère obtenir une ordon- nance du Tribunal américain devant con- firmer le jugement de 2018, en vertu de la Convention de New York. Ce traité international, signé notam- ment par la Rd Congo, oblige les États contractants à reconnaître et à appliquer les sentences arbitrales étrangères. Il y a lieu de souligner que la Cham- bre de commerce internationale de Pa- ris avait conclu le dossier en novembre 2018 en défaveur de la Rd Congo qui, d'après la sentence, " n'avait pas exé- cuté ses obligations. " Et, par consé- quent, elle devait verser à DIG OIL plus de 617,4 millions de dollars pour cou- vrir les pertes économiques futures et les dépenses déjà engagées. D'après les documents déposés par la société sud-africaine auprès du Tri- bunal américain, la proposition de la Rd Congo d'annuler la sentence en appel avait été rejeté en janvier 2019. Et qu'avec des coûts supplémentai- res, le montant total dû a atteint 619,3 millions de dollars plus les intérêts. L'historique de ce dossier, d'après les analystes, indique que la Rd Congo est perdante sur tous les tableaux. Réputation, crédibilité, gains économiques, etc. " Comment un dirigeant peut-il justifier une telle perte pour son économie ? Sans oublier, encore une fois, l'énorme potentiel économique qui pour- rait résulter de la concrétisation de ces contrats et de la possibilité pour les en- treprises d'explorer les régions pétro- lières du pays ", a commenté, dans une tribune, NJ Ayuk, PDG du Centurion Law Group et président de la chambre africaine de l'énergie. En 2007, DIG OIL a signé un contrat pour trois blocs dans le centre du Congo et faisait partie d'un consortium qui a obtenu un autre permis dans l'est du pays un mois plus tard. Le président de la République de l'époque n'avait ap- prouvé des deux accords alors que l'une des licences a été réattribuée en 2010. Un mois avant de quitter le pouvoir, le 13 décembre 2018, Joseph Kabila a signé une ordonnance approuvant le contrat restant de DIG Oil, portant sur les blocs 8, 23 et 24 de la Cuvette cen- trale dont l'un, le bloc 8, empiète sur le Parc national de la Salonga. Cependant, cette ordonnance présidentielle est ar- rivée après que la Chambre de com- merce internationale de Paris (CCI) ait déjà pris sa décision condamnant la Rd Congo. A son arrivée au pouvoir, le nouveau chef d'Etat congolais, Felix-Antoine Tshisekedi, hérite de ce dossier poten- tiellement coûteux à la République au profit de DIG Oil. Avec les derniers dé- veloppements du dossier, la Rd Congo devrait envisager une stratégie appro- priée afin de résoudre durablement cette situation. Il y a lieu de préciser qu'actuelle- ment, le pays n'a pas la capacité finan- cière de pouvoir honorer ce paiement de dommages et intérêts. La Rd Congo traverse une crise économique accen- tuée par la propagation du Coronavirus qui a atteint 797 personnes dont 35 ont déjà perdu la vie.


2020-05-11

Mines : la baisse de la demande va encore peser plus sur les cours des métaux

Le producteur norvégien Norsk Hydro a annoncé la semaine dernière s'atten- dre à une " baisse prononcée de la de- mande " cette année, à l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels. Sans baisse équivalente de l'offre, " les stocks d'aluminium du London Metal Exchange (LME) continuent d'augmenter ", ont rapporté Warren Patterson et Wenyu Yao, d'ING, de quoi peser encore un peu plus sur les cours. Les autres métaux cotés au LME n'ont pas été épar- gnés, tirés vers le bas par " les données économiques moroses " publiées la se- maine dernière, a estimé Geordie Wilkes, de Sucden. Parmi celles-ci, le Produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a chuté de 4,8 % au premier trimestre en rythme annuel, selon une estimation préliminaire du dé- partement du Commerce publiée le mer- credi 29 avril dernier. La situation n'est guère plus rose en Europe: selon une pre- mière estimation le jeudi 30 avril de l'Of- fice européen des statistiques Eurostat, la zone euro a enregistré sur les trois pre- miers mois de l'année un repli de 3,8 % de son PIB, du jamais vu dans la courte histoire de la monnaie unique, lancée en 1999. Le café mitigé Sur le LME, la tonne d'aluminium pour livraison dans trois mois s'échangeait à 1 483,00 dollars le vendredi 1er mai, contre 1 514,00 dollars le vendredi précédent à la clôture. Celle de cuivre valait dans le même temps 5 114,00 dollars, contre 5 139,50 dollars sept jours auparavant. L'or a baissé sur la semaine (dernière) mais a enregistré en avril son meilleur mois de- puis août 2019, gagnant près de 7 %. Ces derniers jours, le métal jaune a souffert d'un regain d'optimisme sur les marchés, qui a pesé sur le cours des valeurs refu- ges, dont le métal précieux fait partie. " Les investisseurs trouvent un certain soulagement dans la réouverture progres- sive de l'économie mondiale et dans d'autres signes indiquant que la pandé- mie a atteint son point culminant ", a expliqué Lukman Otunuga, analyste pour FXTM. L'or reste cependant à un niveau historiquement élevé, alors qu'il a touché mi-avril un plus haut depuis fin 2012, à 1 747,36 dollars l'once. Par ailleurs, le Con- seil mondial de l'or (CMO) a montré que la crise sanitaire et économique avait ali- menté la spéculation financière sur l'or au premier trimestre 2020, selon un rapport publié la semaine dernière. Sur le Lon- don Bullion Market, l'once d'or valait 1 680,70 dollars le vendredi 1er mai, contre 1 729,60 dollars le vendredi précédent à la clôture. Les cours du café continuent de subir les effets de la pandémie de Covid-19 mais les marchés se rassurent avec des si- gnaux positifs côté demande. Car si les mesures de confinement des populations ont conduit les bars et restaurants à bais- ser leurs rideaux de fer, les consomma- teurs ont transféré certaines de leurs ha- bitudes à la maison. " L'effondrement de la consommation +hors foyer+ a coïncidé avec un regain des ventes en supermar- ché et sur internet en Europe, aux États- Unis et au Brésil, et un intérêt élevé des torréfacteurs qui souhaitent constituer des stocks ", ont expliqué les analystes de Rabobank dans leur note mensuelle pu- bliée le mercredi 29 avril. Côté demande, " les perturbations lo- gistiques et la baisse de la main-d'œuvre disponible ont compensé l'effet d'aubaine induit par la baisse du real et du peso colombien ", ont-il ajouté. Quand la mon- naie d'un pays producteur est affaiblie, les exportateurs peuvent se permettre d'ac- cepter des prix plus bas sur le marché international, puisqu'ils sont fixés en dol- lar et qu'ils réalisent ainsi un bénéfice en reconvertissant leurs gains en réais. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en juillet prochain valait 1 184 dollars le vendredi 1er mai, contre 1 144 dollars le vendredi précédent à la clô- ture. Sur l'ICE Futures US de New York, la livre d'arabica pour livraison en juillet valait 105,10 cents, contre 106,75 cents sept jours auparavant en fin de séance. Au premier jour de nouvelles coupes de l'OPEP+, les prix du pétrole ont ter- miné en ordre dispersé le vendredi der- nier alors qu'entrait en vigueur un accord censé faire drastiquement baisser la pro- duction d'or noir dans le monde et redon- ner un peu d'équilibre à un marché qui croule sous les barils. À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet, dont c'est le premier jour d'utili- sation comme contrat de référence, a lâ- ché 4 cents, ou 0,02 %, pour finir à 26,44 dollars. À New York, le baril américain de WTI pour juin a gagné 94 cents, ou 5 %, pour clôturer à 19,78 dollars. En terrain négatif Il s'était envolé de 53 % au total le mercredi 29 et jeudi 30 avril, en conclu- sion d'un mois chaotique qui a vu le con- trat pour livraison en mai s'aventurer en terrain négatif. " Le pétrole semble profi- ter de l'entrée en vigueur des coupes des membres de l'Organisation des pays ex- portateurs de pétrole (OPEP+) ", a estimé Han Tan, de FXTM. Même si ces dernières sont " loin de compenser la chute de la demande, une reprise de l'éco- nomie mondiale entraînant une augmen- tation de la demande en pétrole apporte de l'optimisme sur le marché ", a-t-il ajouté. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses principaux partenaires, réunis au sein de l'OPEP+, se sont ac- cordés le 12 avril sur une réduction de leur production de 9,7 millions de barils par jour (mbj) sur deux mois, une me- sure exceptionnelle qui est entrée en vi- gueur le vendredi 1er mai. La réduction sera ensuite progressivement assouplie: elle sera de 7,7 mbj de juillet à décem- bre puis de 5,8 mbj de janvier prochain à avril 2022. " Le respect par les parties prenantes à l'accord de leurs quotas res- pectifs va être essentiel pour déterminer les prix du pétrole dans les mois à venir ", a estimé Robbie Fraser de Schneider Electric. Hors de l'accord, les États-Unis ont vu leur production diminuer pour la qua- trième semaine de suite, selon les chif- fres publiés le mercredi 29 avril par l'Agence américaine d'information sur l'Énergie (EIA). La Norvège, plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, a annoncé le même mercredi une réduction de sa production de pétrole jus- qu'à la fin de l'année afin de contribuer elle-aussi à une stabilisation des prix. Malgré ces efforts de retrait de millions de barils quotidiens " en trop " sur le marché, Tan n'est pas le seul analyste à les trouver insuffisants face à une de- mande plombée par la pandémie de Covid-19. L'angoisse des investisseurs porte également sur une des conséquences du surplus: la saturation des capacités de stockage à court terme. Le marché scrute par conséquent les différents plans na- tionaux de " déconfinement ", à même de permettre un redémarrage de l'activité économique et des transports, et donc de la demande en pétrole, mais aussi les signaux d'une " deuxième vague " de Covid-19 qui pourraient de nouveau pré- cipiter les cours vers le bas. " Les prix restent cependant extrêmement bas et les deux prochaines semaines verront probablement le retour d'une extrême vo- latilité ", a rappelé Craig Erlam, d'Oanda.


2020-04-10

L'Afrique et le monde face au coronavirus

Pour le président sénégalais Macky Sall, qui demande l'annula- tion de la dette publique africaine, la crise provoquée par l'épidémie de coronavirus est l'occasion de définir un nouvel ordre mondial. Avec une population estimée à 1,3 milliard d'habitants, l'Afrique est atteinte par le Covid-19 au moment où plusieurs de ses pays, malgré les défis du sous-développement, sont sur une trajectoire d'émer- gence, alors que d'autres continuent de faire face à la lutte contre le ter- rorisme. Le Covid-19 freine ainsi l'élan des uns, aggrave la situation des autres, et remet en cause les efforts de tous. De plus, il soumet- tra à rude épreuve des systèmes nationaux de santé publique déjà vulnérables. À l'échelle nationale, de nom- breux pays ont adopté des plans de contingentement pour endiguer la propagation du virus. Mais, le niveau d'impréparation du à la survenance brutale de la pandémie, à son évo- lution rapide et à l'ampleur des be- soins montre clairement les limites des mesures nationales. S'y ajoutent les difficultés inhé- rentes à l'importation des équipe- ments et des produits médicaux et pharmaceutiques nécessaires à la lutte contre le Covid-19, dans un con- texte de forte demande et de pertur- bation du trafic aérien. Si nous voulons gagner le com- bat contre le Covid-19, il nous fau- dra maintenir à niveau les capaci- tés de riposte, notamment : o disposer en quantité suffisante d'équipements et de matériels mé- dicaux et de protection : kits de test, masques, équipements de protection individuelle ; o aménager et équiper des cen- tres d'isolement et de traitement des malades ; o assurer la détection précoce des cas d'infection liée au Covid-19 au niveau de sites de référence ; o assurer l'isolement rapide et la prise en charge des cas suspects et confirmés d'infection liée au Covid-19 ; o renforcer les mesures de pré- vention et de contrôle de l'infection ; o assurer une bonne coordination des interventions Il faut dire qu'en dépit des efforts jusque-là consentis, les pays afri- cains n'ont pas encore atteint les normes préconisées par l'Organisa- tion mondiale de la santé en infras- tructures sanitaires et personnels qualifiés, dont la répartition reste en- core inégale au détriment des zones rurales. De façon générale, les besoins de l'Afrique dans le secteur de la santé se posent en ces termes : o construction, réhabilitation et équipement des structures sanitai- res de base et de référence ; o acquisition d'équipements lourds et de matériels roulants : gé- nérateurs d'oxygène, scanners, ap- pareils d'angiographie, ambulances médicalisées, entre autres ; o formation de ressources humai- nes en qualité et quantité suffisan- tes ; o utilisation optimale des TIC dans le domaine médical (télémédecine et autres applications) ; o mise en réseau des expertises nationales au sein et entre les pays ; o création de plateformes régiona- les pour faciliter le déploiement d'opé- rations d'urgence, à l'instar de la plateforme de Dakar qui a servi de base aérienne et logistique lors de la crise d'Ebola qui a frappé certains pays de l'Afrique de l'Ouest o appui aux initiatives pour la Cou- verture maladie - ou sanitaire - univer- selle Trois leçons à tirer Pour en revenir au Covid-19, il faut rappeler que nous sommes en pré- sence d'une pandémie, c'est-à-dire une épidémie à l'échelle mondiale. Les efforts jusque-là menés au quatre coins de la planète n'ont pas encore permis de découvrir tous les secrets de ce grand inconnu, qui a fini de ré- véler au grand jour les limites de tous les systèmes nationaux, même les plus sophistiqués. Tous les pays, sur- pris et débordés, se sont retrouvés dans une sorte de sauve qui peut, dé- voilant au quotidien les lacunes des uns et des autres. La première leçon à retenir de cette crise majeure, où l'infiniment petit fait trembler le monde entier, c'est que, devant des menaces transfrontalières, grands ou petits, ri- ches ou pauvres, nous sommes tous vulnérables. Deuxième leçon, le Covid-19 ren- voie au monde ses propres contradic- tions. Nous vivons, en effet, une ère de paradoxes. La terre est assuré- ment ronde, mais quelque chose, quelque part, ne tourne pas rond. L'homme continue de faire des pro- grès tous azimuts, reculant chaque jour les limites de la science et de la technologie, y compris dans la con- quête de l'espace. Pendant ce temps, sur terre, il manque de masques, de kits de test, d'équipements de protection indivi- duelle, de lits, de respirateurs; autant de produits, matériels et équipements indispensables à la prise en charge des malades et à la protection des personnels de santé, véritables héros engagés au front d'une lutte risquée et potentiellement mortelle contre un ennemi invisible à l'œil nu. Il est donc temps de revenir sur terre ! Troisième leçon, enfin, et sans être exhaustif, la pandémie de Covid-19, tout comme, du reste, les périls de l'environnement et du terrorisme, con- firme les limites objectives de l'État- Nation dans la réponse aux menaces transfrontalières. Revenons sur terre et revenons à la sagesse des aînés, comme nous l'y invite notre compatriote Cheikh Hamidou Kane qui, dans son roman à succès, " L'aventure ambiguë ", publié il y a 59 ans, énonçait, à la page 92, ce message prémonitoire : " Nous n'avons pas eu le même passé… mais nous aurons le même avenir, rigoureusement… l'heure des destinées singulières est révolue… nul ne peut vivre de la seule préser- vation de soi. " C'est dire que quels que soient sa puissance et ses moyens, l'État- Nation ne peut plus se suffire à lui- même. Devant les défis planétaires, nous avons tous besoin les uns des autres, surtout quand nos vulnérabi- lités communes s'ajoutent à nos fra- gilités individuelles. Nouvel ordre mondial Alors, il est temps d'apprendre de nos erreurs et de nos limites, de re- définir l'ordre des priorités, de redon- ner plein sens à l'économie réelle en investissant plus dans l'agriculture, l'énergie durable, les infrastructures, la santé, l'éducation et la formation, pour réaliser un développement sou- cieux du bien-être de l'homme inté- gral. Il est temps de travailler ensem- ble à l'avènement d'un nouvel ordre mondial qui met l'humain et l'huma- nité au cœur des relations interna- tionales. Il est temps de considérer les questions de santé publique au même titre que la paix, la sécurité, l'environnement, la lutte contre le ter- rorisme et autres criminalités transfrontalières. Ce nouvel ordre mondial, que j'ap- pelle de mes vœux, suppose une confiance mutuelle et une volonté sin- cère de coopérer autour de questions d'intérêt commun et de valeurs par- tagées, dans le respect de nos dif- férences et de nos diversités. Il postule surtout un nouvel état d'esprit qui reconnaît que toutes les cultures et toutes les civilisations sont d'égale dignité ; et qu'il ne sau- rait y avoir de centre civilisationnel supérieur qui dicterait aux autres la façon d'être et d'agir. Comme le dit une sagesse africaine, l'arc-en-ciel doit sa beauté aux tons variés de ses couleurs. Ramené aux questions planétai- res de santé publique, ce nouvel or- dre mondial devra exclure toute forme de discrimination, de stigma- tisation et de préjugés, en particu- lier envers notre continent. L'Afrique, berceau de l'humanité et terre de viei l le civi l isation, n'est pas un no man's land. El le ne saurait, non plus, s'offrir comme terre de cobayes. Exit égale- ment les scénarios catastrophistes qui s'évertuent à dessiner un futur d'apo- calypse pour le continent. Ce conti- nent a subi des épreuves autrement plus péril leuses et plus cruel les. Il est resté résilient et tient plus que jamais debout ! Ce qui importe aujourd'hui, c'est plutôt de tirer les leçons de la crise et mettre en commun nos moyens et nos intelligences pour faire face, dans un même élan de solidarité humaine, à notre ennemi commun : un tueur si- lencieux qui se joue des frontières, des idéologies et des différences en- tre pays développés et en développe- ment. En dépit de son retard, l'Afrique re- gorge de ressources humaines de qualité, y compris d'éminents experts, praticiens et chercheurs compétents, qui contribuent au quotidien au pro- grès de la médecine. Avec la mise en place du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, qui travaille en relation avec des structures nationales corres- pondantes et des laboratoires qual i- fiés, comme l'Institut Pasteur de Da- kar dont les origines remontent à 1896, le continent dispose d'un réseau scientifique de qualité et connecté au dispositif mondial d'alerte et de ges- tion de crises sanitaires internationa- les. Il faut saluer aussi le leadership de l 'Organisation mondiale de la santé. Elle réussirait mieux sa mission avec une mobilisation plus conséquente de ressources en sa faveur, un meil leur soutien à son Système d'alerte et d'action, et un appui plus significatif aux systèmes nationaux de santé pu- blique. Les économies fortement impactées Sur le plan économique, les effets paralysants du Covid-19 se font déjà lourdement sentir au plan mondial. L'Afrique, essentiel lement exporta- trice de matières premières et impor- tatrice de produits finis et semi-finis, n'est pas en reste. Les pays développés les plus tou- chés, à ce jour, par la pandémie achè- tent pour 51 % des exportations du continent. Les pays membres de l'Union européenne, à eux seuls, ab- sorbent près de 40 % des exporta- tions africaines. La baisse des expor- tations africaines vers ces pays affec- terait principalement les hydrocarbu- res (pétrole et gaz), le cuivre et les produits agricoles. Pour les importations, outre les produits industriels finis et semi-finis, l'Afrique s'approvisionne à l'étranger en produits de grande consommation comme le blé, le sucre, le riz, l'hui le, le lait, etc. Toute pénurie ou hausse des prix sur ces produits affecterait donc le continent. En raison des mesures de contin- gentement l iées à la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes, les secteurs des trans- ports, du tourisme et de l 'hôtel lerie sont fortement impactés par le Covid- 19. La Commission économique afri- caine évalue ces pertes à 56 milliards de dollars US.


2020-04-09

Le coronavirus va-t-il faire disparaître le cash ?

De plus en plus de commerçants dans le monde limitent l'utilisation du cash. L'épidémie de Covid-19 va-t-elle précipi- ter la fin de la monnaie fiduciaire? L'OMS recommande en effet de privilégier les moyens de paiement sans contact afin d'éviter la propagation du virus. Philippe Béchade, président des Éconoclastes, livre son analyse à Sputnik. "Je ne crois pas à la disparition du cash. En revanche, les tentatives pour en limiter l'usage vont se multiplier ". Philippe Béchade, président des Éconoclastes, sent bien que la crise sa- nitaire que vit actuellement la planète met en danger le cash, sans toutefois croire à sa disparition. Ce n'est pas encore le cas, même si certains magasins en Eu- rope commencent à prendre leurs précau- tions. Avec plus de 75.000 morts, dont environ 54.000 en Europe, la pandémie de coronavirus met le monde face à une catastrophe sanitaire d'une ampleur co- lossale. De quoi forcer à la prudence. Une partie de la population exclue? Comme le relèvent nos confrères du quotidien suisse Le Temps, dans la ban- lieue de Zurich, une pharmacie a tout sim- plement interdit les paiements en cash. Et cette initiative est loin d'être isolée. En France aussi, les billets de banque n'ont pas la côte, comme le rappelle le journal La Croix: "Chez certains commerçants, y com- pris dans de petits magasins, on voit fleu- rir des affiches pour privilégier les paie- ments par carte bancaire, voire interdire les achats en espèces. D'eux-mêmes, des consommateurs préfèrent payer par carte, si possible sans contact, pour n'avoir pas à toucher le terminal de paie- ment ". Début mars, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) appelait à privilégier les paiements par carte "sans contact". Reste que de l'aveu même de l'organisme, la durée de survie du virus sur un billet de banque n'est pas exactement connue. D'après la porte-parole de l'OMS, elle ne dépasserait pas 120 minutes. Même son de cloche du côté de la Banque de France: "Jusqu'à présent, il n'existe aucune preuve que des virus tels que le coronavirus aient été propagés par les billets de banque." Dans le climat anxiogène actuel, même un faible risque entraîne donc des mesures drastiques de la part de certains commerçants. Quitte à entrer dans l'illé- galité. Sauf dans de très rares cas, en France, un commerçant n'est pas en droit de refuser un billet ou une pièce en euros. D'autant que les conséquences d'un arrêt de l'utilisation du cash seraient énor- mes, comme le rappelle Philippe Béchade. D'après le président des Éconoclastes, les banques seraient les grandes gagnantes d'un monde sans cash: "Toute transaction électronique donne lieu à des commissions. Chacune d'en- tre elles fournit un petit quelque chose aux banques. La fin du cash est le rêve des banquiers ". Et de poursuivre: "Les banques pour- ront contrôler exactement ce que leurs clients consomment et à quelle fré- quence. Imaginez le cas où un client discute de l'obtention d'un prêt avec son banquer et que ce dernier a accès à des informations qui montrent que ce même client a récemment rendu visite à un oncologue, est passé par un centre de scanner et est allé plusieurs fois à la pharmacie acheter des produits très chers. De là à faire le rapprochement avec un traitement cancéreux, il n'y a qu'un pas, qui va suffire à faire sauter le prêt ". D'autant plus que plusieurs associa- tions alertent sur l'exclusion d'une partie de la population que provoquerait un monde sans cash. En France, l'interfédération PJM (protection juridique des majeurs), qui regroupe la Fédération des associations tutélaires (FNAT), l 'Union des associations fami liales (UNAF) et l'Union nationale des associa- tions de parents, de personnes handica- pées mentales, et de leurs amis (UNAPEI) a publié un communiqué diffusé le 30 mars, dans lequel elle estimait que "les nécessaires mesures de lutte con- tre la propagation du virus ne doivent pas faire oublier que 5% de nos concitoyens n'ont pas de carte de paiement ni de carte de retrait. Ils ne peuvent régler leurs achats qu'en espèces et ont besoin d'avoir accès à un guichet pour retirer de l'argent." Philippe Béchade relève un autre dan- ger d'une disparition possible du cash: celui de la toute-puissance des banques: " Sans cash, il n'existe plus d'autre op- tion que d'avoir ses liquidités sous forme d'inscription numérique, que l'on peut vous confisquer du jour au lendemain d'un clic de souris ". Le président des Éconoclastes insiste sur le danger d'un certain totalitarisme des institutions financières en cas de dispari- tion du cash: " La vie privée me paraît fon- damentale. Sans possibilité de payer en cash, les banques auront énormément d'informations sur vous. On pourra savoir que vous êtes un amateur de whisky si vous vous rendez en acheter chez le ca- viste. Et que va-t-on faire de cette infor- mation? Les banquiers pourront très bien se dire que cette habitude de consom- mation est susceptible d'entraîner des problèmes de santé. Celui qui mange des légumes bio aura son prêt, au contraire de l'hédoniste ?


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