2020-09-22

La société Transco saignée à blanc

En rapport avec le combat que mène sans relâche le Chef de l'Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui a entre autres comme priorité la lutte contre la corruption, la mauvaise gestion, le détournement des deniers publics, le blanchiment des capitaux, le trafic d'influence, l'im- punité sous toute ses formes… l'Ob- servatoire de la dépense publique (ODEP), a mené  une étude sur la gestion de la Société de transport au Congo (TRANSCO), à l'issue de la- quelle un rapport détaillé a été publié et mis à la place publique. Ci-des- sous, l'essentiel de ladite étude : 1. Introduction La présente étude a pour objet d'évaluer la gestion de la société "Transport au Congo", six (6) ans après sa création et acquisition des bus. L'étude s'intéresse essentielle- ment à la gestion des recettes, des subventions de l'Etat en carburant tout comme celles liées à la rémunération des agents. Il jette également un re- gard sur la question de l'utilisation des ressources, notamment les différents équipements, la procédure de passa- tion des marchés publics, la compta- bilité et les différentes dettes contrac- tées auprès des banques commercia- les congolaises. En toile de fond, c'est la problé- matique de la lutte contre la corrup- tion, qui est posée ici. Dans le cadre de son programme politique, le prési- dent de la République Félix Tshisekedi a inscrit la lutte contre la corruption, comme l'une de ses prio- rités. Ainsi, l'étude s'inscrit dans cette dynamique pour contribuer à la mise en œuvre de cette vision politique et mettre les finances publiques au ser- vice de la lutte contre la pauvreté. 2. Méthodologie utilisée  Pour mener cette étude, nous avons recouru à deux méthodes. D'abord la recherche documentaire. Elle a consisté à la recherche des rapports d'activités de Transco et des audits effectués par l'autorité de ré- gulation des marchés publics ; des pièces comptables notamment des bons de sorties de dépôts et sorties de fonds dans différentes banques commerciales partenaires de Transco; les différentes notes de ser- vices. Environ une centaine des piè- ces ont été consultées et analysées. En deuxième lieu, nous avons effec- tué des entretiens en profondeur avec quelques cadres de Transco, les ex- perts de l'autorité de régulation des marchés publics. Chapitre I : TRANSCO, un ca- nard boiteux  I.1. Naissance de la société Transport au Congo (Transco) Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo à travers le Ministère des Transports et Voies de Communication a acquis et mis pro- gressivement à la disposition de TRANSCO 500 bus de marque Mercedes Benz, pour le transport en commun en faveur de la population. Ces engins ont été fourni par la firme égyptienne Tractafric Motors SPRL. Des bus d'une capacité de 55 places assises et 45 débout. La société a été créé le 10 janvier 2013 par décret n°13/ 001 du Premier Ministre Augustin Matata Ponyo. Selon la mission lui assignée, Transco est appelée à s'im- planter progressivement dans toutes les villes du pays et avec un large maillage des réseaux interurbain et transfrontalier. La gestion de la nou- velle société a été confiée à l'Etat con- golais et a bénéficié de l'expertise de la firme française, la Régie Autonome de Transport Parisien (RATP). I.2. Situation d'exploitation  I.2.1. Parc automobile  Au départ, le coût global d'inves- tissement a été estimé à 27 millions USD. Puis le chiffre a évolué, sans une estimation planifiée dans un ca- dre programmatique. En 2013, déjà 150 bus avait été réceptionnés par la société Transports au Congo (TRANSCO). Selon les experts du sec- teur de transports en RD-Congo il faut, au moins 2000 bus et minibus pour couvrir la demande de la ville de Kins- hasa, dont la population est estimée à plus de 10 millions. En 2016, le parc automobile était de 432 bus. En 2017 il n'était plus que de 415 bus soit une diminution de 17 bus. L'établissement public Transports au Congo exploitait 29 lignes sur le réseau urbain ordinaire de Kinshasa et une ligne interurbaine "Kinshasa- Kikwit". Aujourd'hui, moins de 100 bus sont en exploitation et les lignes ont sensiblement diminué se réduisant à une dizaine. I.2.2. Gestion du carburant  Selon une note technique de l'an- cien directeur général de Transco Do- minique Maussion1 , rédigée en 2015 la subvention mensuelle du gouverne- ment pour l'achat du carburant s'élève à 22 100 USD par jour pour l'ensem- ble des véhicules. Cependant, la si- tuation a aussi évolué. L'état subven- tionne actuellement la gratification, primes et autres avantages en faveur des agents. A titre d'exemple, envi- ron 617.136 USD au titres des arrié- rés de salaires de la période de no- vembre 2018-février 2019 ont été dé- caissés. Selon les agents de la so- ciété, ce fonds n'est jamais arrivé à destination. Par ailleurs, Transco bénéficie de 80 000 Litres de carburant et de lu- brifiants, chaque mois depuis sa création, soit 960 000 litres par an. Malgré la réduction du nombre des bus, l'Etat continue à donner le car- burant pour plus de 400 bus comme auparavant. Pour 2013 par exemple, le montant alloué mensuellement par le gouvernement à Cobil était de 900 000 USD alors que la consommation de Transco n'était que de 300 000 USD. Selon la Société, au cours de l'an- née 2017, la consommation totale de gasoil s'est élevée à 9 630 426,85 li- tres contre 8 452 809,36 en 2016, soit une moyenne de 802 535,57 litres par mois en 2017 contre 704 400,75 en 2016. Cette augmentation de la con- sommation est liée au lancement de la 3ème vacation d'exploitation au cours de l'année 2017. Aussi, 25 425,83 litres d'essence ont été consommés en 2017 contre 8 113,5 l'année précédente. "La hausse significative de la consomma- tion d'essence est en faveur des opérations intensives de nettoyage sous caisse avec l'aide de la pompe thermique à haute pression, au net- toyage des moyeux et des roule- ments dans le cadre des opérations préventives de contrôle et de grais- sage ainsi qu'aux diverses opérations de nettoyage des pièces dans les ateliers de révision moteur et orga- nes" Chapitre 2: Ce qui se passe autour de la gestion des recettes 2.1. Seuil de cotisation du pas- sager et des recettes déclarées  Selon les différents rapports de la société, une moyenne de 52 110 828 passagers paye le ticket par an dont, 49 123 033 sur le réseau urbain ordi- naire et 2 987 795 sur le réseau spé- cial scolaire, soit une moyenne de 4 342 569 passagers payants par mois. La Contribution du passager est fixée à CDF 500. Cette participation de la population bénéficiaire est fortement affectée par le nombre élevé de pas- sagers non-payants constitués essen- tiellement des policiers, des militai- res et les personnes vivant avec han- dicap. Par contre celle de l'Etat au ti- tre de subvention d'exploitation en carburant est de CDF 370 par passa- ger. Ce fonds est disponible depuis le lancement de Transco. A cela s'ajoute la subvention d'équilibre ou besoin de financement destiné à couvrir le paie- ment des pièces de rechange et l'amortissement des bus, chiffré à CDF 730 par passager. Dans ses différents rapports, Transco déclare mobiliser 89% de ses recettes à Kinshasa, soit une moyenne annuelle de 15 millions USD par an ; 1,7 millions USD pour le réseau interurbain, c'est-à-dire Kins- hasa et les provinces. En se référant à ces chiffres, nous notons une utili- sation non rationnelle de carburant, qui n'a aucun impact sur l'accroisse- ment des recettes mensuel de 1, 250 millions USD de 500 bus. Ce qui re- présente une réalisation de 2 500 USD par bus et par mois, soit 96 USD par jour. Certains agents ont déclaré versé entre 200.000 FC et 250.000 FC (123 USD), soit 3 198 USD par mois. Ce qui représente une moyenne annuelle de 24 millions USD pour 400 bus mis en circulation. Ce qui démontre que les chiffres déclarés par Transco ne sont ni crédibles, ni réalistes. Tableau indicatif des recettes de transco de la période de 2017. 2.2. Une magouille organisée Pour s'accaparer des recettes mo- bilisées par la société une stratégie a été mise en place depuis plusieurs années, dénoncent les agents et ca- dres de Transco. Dans ces jeux, on retrouve d'abord le directeur adminis- tratif et financier, surnommé "autorité moral" ; ensuite, il y a le trésorier ap- pelé par ses collègues "l'argentier"; et enfin le chef comptable, appelé "le tré- sorier éternel". Pour commettre leur forfait, ce trio, indiquent nos témoins se réunissent chaque jour, dans un bureau VIP, loué par le Directeur Ad- ministratif et financier à 200 USD le jour, situé derrière la galerie présiden- tielle. De fois aussi dans le dépôt II de TRANSCO, situé à la 18ème rue Limete. 2.2.1. Une caisse parallèle installée à la Direction financière  Selon le manuel de procédure de la société TRANSCO, le directeur ad- ministratif et financier ne peut dispo- ser d'une mini-caisse ou d'un coffrefort, en dehors de celui affecté par l'entreprise au service de trésore- rie. Or c'est le contraire, témoignent les agents, au terme de notre moni- toring de contrôle citoyen. En outre, une situation atypique est installée à TRANSCO. Les autres directeurs, y compris le directeur général se sont dotés de coffre-fort pour gérer des fonds relatifs aux dépenses couran- tes, dont la tranche d'approvisionne- ment se situe de 500.000 FC à 3.000.000 millions CDF. Cependant, la mesure a occa- sionné une fraude généralisée. Le 13 août 2019, le trésorier a autorisé la sortie de 35.000 USD, pour réapprovi- sionner le coffre-fort du Directeur ad- ministratif et financier, soit les recet- tes d'un mois, mobilisées par un bus. Ces fonds ont été payés en espèce au guichet de Equity Bank, à partir de son agence de huilerie à Kinshasa, en violation de la loi portant lutte con- tre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC. Après analyse des pièces compta- bles, nous notons que ce paiement a été effectué en violation du manuel de procédure de TRANSCO. Le chèque a été signé par deux personnes. En guise de sécurité bancaire, les sor- ties de fonds de Transco, via la Rawbank, n'étaient valables qu'avec au moins trois signatures. Par ailleurs, au fil du temps le directeur général de Transco, Michel Kirumba, a ordonné à la Rawbank de ne tenir désormais compte que de sa seule signature à cet effet, selon le témoignage du syn- dicat. 2.2.2. Vol des recettes au gui- chet A l'heure où la société Transco poursuit sa descente aux enfers, d'aucuns se demande, où serait parti les fonds encaissés durant 6 ans d'existence. La réponse se trouve dans le tripatouillage orchestré au sein de la société. Des fonds mobili- sés par tous les véhicules ne sont pas déposés dans le compte ouvert à la Rawbank. Selon le bordereau de ver- sement du 30 août 2018, 71.743.850 CDF, soit environ 35.000 USD de- vraient être transférés dans le compte Transco/CDF N°003018075101-88 de Rawbank. Après vérification au guichet des différents billets, un seul coup de fil du directeur financier à suffit pour changer la destination de fonds, nous raconte un agent compteur, qui a vécu l'événement. Finalement après résis- tance de l'agent en charge de verse- ment, le Directeur financier a décidé de diviser le montant en deux tranches : 29 millions de franc congolais pour l'acquisition des pneus et 42 millions de franc pour une affaire de traction avec Rawbank, qui n'a jamais vu le jour, affirme un agent un proche de la trésorerie. 2.2.3. Des recettes de loca- tion des véhicules, un bien privé Selon le manuel de gestion du charroi automobile, la location des bus est confiée au service commer- cial, attaché à la direction d'exploita- tion et le service comptable. Toute recette est encaissée au ni- veau de la caisse, créée au niveau de la trésorerie, qui l'achemine à son tour dans un compte bancaire Transco. C'est à ce niveau de paiement manuel que toute forme de fraude est organi- sée. 2.3. Des mouvements de fonds hors circuit bancaire Dans le but de maximiser les re- cettes, en 2015 Michel Kirumba Di- recteur général de Transco a signé un contrat avec l'agence de publicité CMCT TCG, sans respect de procé- dure de marché public. Selon l'avis d'attribution définitif, ce contrat de commercialisation de l'espace publi- citaire sur les bus est de 3.124.800.000 FC, soit 1.563.963 USD. Pour chaque bus habillé d'affi- che publicitaire, le prix de la publicité est de 500 USD, répartie de manière suivante : 350 USD pour Transco et 150 USD pour l'agence CMCT. Selon le mémorandum d'entente entre les deux parties, le paiement doit s'effectuer par voie bancaire, soit 20.000 USD par mois. Cependant, le Directeur financier retire ce fonds à l'agence de publicité chaque mois en espèce. Pourtant, ce rôle revient à un agent de recouvrement affecté pour ce travail. Depuis plusieurs mois, aucune trace de ces recettes n'est enregis- trée au niveau de la trésorerie. III.1. Analyse globale de la pro- cédure III.1.1. Ce que nous dit l'admi- nistration Au terme de notre monitoring, nous avons noté qu'il existe trois types de marchés publics effectués à Transco: 86,60 % sont passés par la méthode de demande de cotation, 13,20% par la méthode d'entente et 0,20% par l'appel d'offres ouvert. Une moyenne de budget annuel de 3 millions USD y est affecté, sur les recettes annuel- les de 15 millions USD. Pour l'auto- rité de régulation des marchés publi- que environ 67% des marchés sont des marchés passés en violation de la loi et sont par conséquent d'une performance non satisfaisante et 33% sont ceux pour lesquels le processus de passation est d'une performance moyennement satisfaisante. Et pour l'ODEP et pour l'ARMP même s'il y a une différence des chiffres, le défaut de performance est évident et les vio- lations de la loi sont une règle à Transco. Selon l'audit des trois an- nées (2014, 2015 et 2016), effectué par l'Autorité de Régulation des Mar- chés Publique (ARMP), il ressort que * La différence de devises utilisées dans la rédaction des contrats. En effet, sur la liste communiquée par l'ARMP tous les contrats sont en USD alors que dans la documentation mis à sa disposition lors des contrôles, certains contrats se trouvent être en Franc Congolais. " L'absence des factures et preu- ves de paiement dans les dossiers des marchés. "            Recours abusif à la De- mande de Cotation en lieu et place d'un Dossier d'Appel d'Offre (DAO) " Marché approuvé en dehors de la période de validité des offres ; " Mauvaise attribution de marché ; " Absence de l'avis juridique de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics sur projet de mar- ché ; " Absence de la preuve d'approba- tion de marché ;  " Existence de négociation en vio- lation des dispositions en vigueur pour un marché de fourniture ;  " Absence de la preuve de publi- cation de l'attribution définitive et de contrat. A Transco, tous les marchés publics sont payés en cache, avant le livrable, sans garantie de bonne exécution, … Et pourtant, les articles 50, 53, 70 de la loi relative aux mar- chés publics, imposent l'obligation d'exiger des garanties d'offres, de remboursement d'avances et de bonne exécution pour sécuriser l'Etat.  III.1.2. La demande de cotation, une règle généralisée à Transco  Nous avons fait le même constat au terme de notre enquête citoyenne. Cependant, pour échapper à la pro- cédure d'appel d'offre, le directeur général de TRANSCO sectionne un même marché pour procéder à la de- mande de cotation. Ce qui est une vio- lation intentionnelle de la loi relative aux marchés publics : " Aucune opé- ration ne doit être scindée ou abusi- vement fractionnée dans le but d'échapper aux dispositions de la loi relative aux marchés publics " En 2017 par exemple sur 500 mar- chés publics effectués, 433 ont été passé par demande de cotation, soit 86,60%.1 sur appel d'offre (0,20%) et 66 par entente. Après analyse, la majorité des marchés passés en mode de cotation sont de même na- ture. Beaucoup peuvent faire l'objet d'un même marché et d'un appel d'of- fre. Nous rappelons que la demande de cotation n'est pas la règle mais une exception lorsqu'un marché est en deçà du seuil de 50.000.000 FC ou 24.000USD (les travaux, fournitures et services courants).  III.2. Analyse spécifique des cas 1) Nettoyage des véhicules  Après le départ de Dominique Maussion, Michel Kirumba, alors Di- recteur général Intérimaire de Transco a octroyé le marché de nettoyage des véhicules de Transco à l'ONG Initia- tive Plus, sans passer par un appel d'offres. M. Kirumba a aussi payé plu- sieurs facturés à hauteur de 15 000 USD en cash à des personnes physi- ques. Le système a continué jusqu'à ces jours. Selon le manuel de procé- dure de la société, le plafond pour un paiement cash est de 300 USD et qu'au-delà de ce montant, il faut soit faire un chèque, soit ordonner un vi- rement bancaire. 2) Acquisition des pièces de re- changes non conformes  Selon notre monitoring, la société Transco achète des pneus d'occasion pour dépanner ses bus. En date du 31 août 2018, la société a passé une commande pour un montant de 29 243 350 FC, soit 14.636 USD à l'établis- sement " PNEUMAG ", situé au nu- méro 17 de l'avenue de la victoire, dans la commune de Kasa-vubu à Kinshasa14. Plusieurs témoins ont affirmé que le propriétaire est spécia- lisé dans la vente des pneus d'occa- sion provenant de l'Europe et d'Asie. A cela s'ajoute l'achat d'autres piè- ces de rechange dans des magasins des nigérians au marché de Gambela et des Indo pakistanais au Grand marché de Kinshasa, ont dénoncé quelques agents affectés à la direc- tion techniques. C'est le beau-frère de l'actuel Directeur général ai ont-ils souligné, qui a la gestion du service qualité et en même temps le fournis- seur principal des pièces de rechange de la société Transco. Le code des marchés publics in- terdit toute acquisition des fournitu- res ou matériel d'occasion aux servi- ces publics. 


2020-09-22

Sylvestre Ilunga lance les travaux d'un forum sur la performance dans ce secteur

Le Premier Ministre Syl vestre Ilunga Ilunkamba, a appelé ce lundi 21 septembre 2020 à Kins- hasa à la conscience collec- tive pour l'instauration d'une réelle performance dans la gouvernance de la nation. Le Chef du gouvernement qui l'a dit à l'ouverture du forum sur la performance dans la gouvernance de la nation au Fleuve Congo hô- tel, situé dans la commune de la Gombe devant des sé- nateurs, députés nationaux, membres du gouvernement, diplomates accrédités à Kinshasa et près de 250 par- ticipants à cette cérémonie. Prévus pour quatre jours, ces travaux qui s'inscrivent dans le cadre du change- ment des mentalités en vue de combattre la corruption dans un contexte d'un Etat de droits, visent la conclu- sion d'un pacte républicain pour augmenter le budget de la RDC. Parmi les orateurs, on a noté, tour à tour, le gouver- neur de la ville de Kinshasa, le président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ), le responsa- ble de l'Agence de préven- tion de lutte contre la corrup- tion (APLC), le coordonna- teur de la Coordination pour le changement des mentali- tés (CCM). Quatre thèmes seront dé- veloppés, à savoir : " la re- construction de l'Etat et pro- fil des dirigeants ", " la mo- bilisation des ressources publiques, gestion et redevabilité ", " les mécanis- mes de lutte contre la cor- ruption, blanchiment des ca- pitaux et détournement des deniers publics", et enfin " le règlement des arriérés fis- caux et non fiscaux: amnis- tie ou transactions ".


2020-09-22

La coalition CACH a-t-elle trahi Vital Kamerhe ?

Quelques semaines après l'instal lation de Félix Tshisekedi au pou- voir, l'opposition, particulièrement Lamuka, a dénoncé un deal entre l'an- cien et le nouveau Président congo- lais. Les détails de cette entente, jus- que-là non connus des Congolais, ont commencé par fuiter. Il aurait été, entre autres, question du soutien de la coalition CACH pour un candidat de son allié, le FCC, au détriment de Vi- tal Kamerhe, à la Présidentielle de 2023. Il n'est un secret pour personne que les coalitions FCC et CACH, qui diri- gent le Congo, sont une alliance con- tre-nature. Et cela se ressent aisé- ment à travers les crises à répétition, les attaques frontales entre les deux camps, depuis l'investiture du Prési- dent Félix Tshisekedi. Mais si jusque- là, les Congolais ignorent tout du con- tenu de ce fameux accord, des bri- bes d'informations ont commencé par se distiller, du côté du FCC. En té- moignent ces propos d'un haut cadre de cette coalition, réputé très proche de Joseph Kabila, sous anonymat et rapportés par Politico.cd : " Nous sommes restés silencieux face aux agissements inacceptables de nos alliés. Nous avons choisi la voie de la raison, car nous sommes liés pour l'avenir. Nous avons un accord signé entre nos deux autorités et celui-ci nous oblige à rester ensemble, même au-delà du mandat actuel du chef de l'État ". L'homme est allé plus loin pour ré- véler un détail très intéressant : " Au moment venu, les détails de cet ac- cord seront dévoilés. Retenez simple- ment que notre coalition est de lon- gue durée. L'accord prévoit que le CACH soutienne notre candidat à la Présidentielle de 2023. Et même au niveau des Législatives, nous pour- rions coaliser. Nous devrons donc trou- ver des mécanismes pour apaiser les tensions et aller de l'avant ". Si ces propos sont avérés, alors il devient clair que Vital Kamerhe s'est fait avoir par l'UDPS de Félix Tshisekedi, puisque l'accord entre les deux hommes, signé le 23 novembre 2018 à Nairobi, stipulait que la coali- tion CACH devait porter la candida- ture du président de l'UNC à l'élection présidentielle de 2023. Et dans ce cas, la thèse du complot ourdi contre leur leader, soutenue depuis le dé- clenchement de l'affaire des travaux des 100 jours par les cadres et mili- tants de l'UNC, parti de Vital Kamerhe, pourrait se vérifier. Puisqu'ainsi, un bon challenger pour le scrutin de 2023 serait neutralisé. Mais là encore, les coalitions CACH et FCC risquent de se donner des coups, puisque la promesse de soutenir un autre candidat pour la pro- chaine Présidentielle pourrait, dans la pratique, se révéler difficile à respec- ter pour Félix Tshisekedi que la Cons- titution du pays autorise à briguer un deuxième mandat. Même si les lea- ders du CACH et du FCC se sont ren- contrés hier pour discuter, entre autres, de l'avenir de leur alliance.


2020-09-22

José Makila porte plainte contre l'Odep pour imputation dommageable

L'ancien vice-pre mier ministre en charge des Transports et Voies de Communi- cation, José Makila Sumanda, a déposé une plainte ce lundi 21 septembre 2020 con- tre l'ONG Observatoire de la Dépense publi- que (ODEF) pour im- putation dommagea- ble. Un rapport de l'ODEP publier récem- ment accuse Makila d'avoir détourné 9.00.000 dollars amé- ricains. Le sénateur Makila tient à ce que son honneur soit lavée dans cette affaire. Makila a, par la même occasion, déposé une autre plainte contre un journaliste de RFI pour diffamation. Dans son rapport de contrôle citoyen, l'Odep a exigé des poursuites judiciaires contre deux anciens ministres des Trans- ports à savoir José Makila et Justin Kalumba qui, selon l'ODEP, a ordonné en décembre 2018, un emprunt de 910 000 dollars auprès d'une banque commerciale. Ces fonds auraient été dépensés pour sa campagne électorale selon l'ODEP.


2020-09-22

Eugène Diomi Ndongala crée bientôt une plateforme de soutien à Fatshi

En marge des élections de 2023, le président national de la Démo- cratie Chrétienne (DC), Eugène Diomi Ndongala, a annoncé, ce samedi 19 septembre 2020, son intention de créer une nouvelle plateforme de sou- tien à Félix Antoine Tshisekedi. Il a profité de l'occasion pour présenter, devant ses militants de Tshangu, lors de cette matinée politique organisée par l'Inter fédéral ville de Kinshasa, la nouvelle équipe chapeautée par Maî- tre Magloire Kasongo, à qui il a réi- téré la confiance pour son efficacité et loyauté comme Secrétaire général du parti. Diomi veut donc une nouvelle plateforme politique pour soutenir le pouvoir en place et mobiliser les éner- gies nécessaires en vue de sceller la conquête en 2023 d'une écrasante majorité parlementaire pour Félix-An- toine Tshisekedi. La nouvelle plateforme annoncée, verra son jour au cours d'un grand meeting au stade des martyrs, à l'issue de la tournée inter fédérale débutée dans l'est de Kinshasa, notamment au quartier Mikondo, dans la commune de Kimbanseke. Dans son message du jour, le fi- dèle compagnon de lutte d'Étienne Tshisekedi, a demandé à ses militants de rester mobilisés derrière le chef de l'État et de continuer à croire en lui pour l'avenir d'un Congo où il fera beau vivre. Certes, tout n'est pas encore mis en place pour rendre totale la satis- faction des Congolais au regard de leurs attentes, a-t-il reconnu, "mais cela ira de soi par la conquête d'une majorité parlementaire en 2023, met- tant fin au jeu politicien mis en place pour essayer d'enfreindre d'énormes sacrifices du chef de l'État à satisfaire les besoins de la population notam- ment sur le plan social".


2020-09-22

Le Gouverneur Walle Lofungola chez les Notables

Au grand jamais, la cacophonie qui règne actuellement dans la pro- vince de la Tshopo ne peut laisser aucun de ses enfants indifférents où qu'il se trouve. Surtout qu'il s'agit d'une situation confuse entre deux grandes Institutions de la Province. Cela est d'autant vrai que la plus grande pro- vince de la République Démocratique du Congo est vouée à se développer harmonieusement par l'apport de tous ses habitants à l'instar d'autres pro- vinces du pays. C'est le sens de la rencontre que les Sages de la province de la Tshopo habitant dans la capitale Kinshasa avaient organisé avec le Gouverneur de leur province, Maitre Walle Lofungola le week-end dernier. En séjour de travail dans la capi- tale, le gouverneur de province avait été invité par les Sages de sa province le samedi 19 septembre 2020. Plu- sieurs personnalités du monde politi- que, économique et socioculturel de la province avaient rehaussé de la pré- sence cette rencontre qui aura duré près de 4 heures. Tous ces sages étaient de grandes figures connues comme tels dans leur terroir : Lombeya Bosongo Likundelio, Ber- nard Kasususla, Anastasie Moleko, Bongeli Yeikelo y'ato et tant d'autres s'étaient rassemblés dans la rési- dence de l'ancien gouverneur de la Province de la Tshopo, le Professeur Lombeya pour parler sans tabou 'Pro- vince de la Tshopo' au regard de la situation belliqueuse qui y prévaut actuellement entre les deux institu- tions provinciales : le Gouvernement provincial et l'Assemblée Provinciale Prenant le premier la parole, l'hôte des Sages de la Tshopo, avait com- mencé d'abord par présenter ses sin- cères excuses à l'endroit de quicon- que ayant été de loin ou de près énervé par sa manière de se compor- ter en tant que numéro 1 de la Pro- vince. Entrant ensuite dans le vif de son message très attendu, le gouverneur avait près d'une heure brosser en de termes clairs la situation désagréable qui règne en ce moment au sein de sa province. Une situation selon lui suscitée par une motion de déficience par des députés provinciaux. Ayant visé sa personne. En dépit de cette situation, le Gou- verneur s'était montré déterminé à poursuivre avec ses actions de re- construction pour une grande province de la Tshopo. Une façon certes pour l'autorité provinciale de laisser ses tra- ces indélébiles en tant que gouverneur de ladite province à l'instar de ses prédécesseurs. Toutefois, Walle Lufungola avait déploré ouvertement le fait que ses partenaires institutionnel- les ne regardent pas tous dans la même direction que lui au regard de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la population. Devant ses respectables hôtes, le gouverneur de la Tshopo n'avait pas eu la langue du bois. Il avait déclaré tout haut que d'autres manipulations étrangères à sa province proviennent incontestable- ment des Notables de la Tshopo se trouvant à Kinshasa depuis plusieurs années. Réagissant aux propos de leur in- vité de marque, les Sages ont tour à tour pris la parole pour émettre leurs avis personnels avant de prodiguer des conseils utiles pour la bonne marche de la province. Tous sans hypocrisie étaient fort impressionnés par l'atti- tude humble de leur Gouverneur. Ils avaient ensuite salué sa grande vision du développement de la Province, ce qui les avait tous poussé à l'encoura- geant à poursuivre avec ses actions de reconstruction devant toujours faire de la province de la Tshopo le troi- sième pool économique de la Répu- blique Démocratique du Congo. Pour le bien et l'honneur de la Tshopo, les sages avaient résolument prié le gou- verneur Walle de faire de son mieux pour faire revenir la paix et l'harmonie entre les institutions de la province. Pour ces hommes et femmes de la Tshopo ayant une forte expérience dans la vie politique tant de la province que du pays en général, la tension qui règne aujourd'hui entre l'autorité pro- vinciale et l'Assemblée provinciale n'a pas sa raison d'être, sinon de ternir l''image de la province et discréditer ses animateurs actuels. Ainsi avaient- ils appelé les protagonistes à la rete- nue et surtout à placer l'intérêt géné- ral de la population au centre de leurs préoccupations quotidiennes en tant que leur serviteur et leurs élus. C'est dans cet optique que les Sages de la Tshopo envisagent éga- lement de rencontrer dans un meilleur délai les quelques députés provin- ciaux encore en séjour à Kinshasa. Il sera question pour ces vétérans de ma Res publica congolaise de les pous- ser avec amour à l'apaisement et à continuer à collaborer la main  dans la main avec l 'Exécutif provin- cial. Profitant de cette heureuse occa- sion de rencontrer leur Gouverneur qui n'a jamais décliné leur invitation, les Sages avaient lancé un message fort de la paix et de l 'unité entre tous les filles et fils de la Tshopo. Ils invitent les uns et les autres au dépassement de soi, à se revêtir constamment des sentiments d'humilité, de tolérance, d'écoute et de solidarité mutuelle pour l'avancement de la plus grande pro- vince du pays condamnée à être l'ainée de toutes les autres entités décentra- lisées de la Rdc dans tous ses as- pects. Commencée aux environs de 17 heures, cette rencontre opportune, qui s'était déroulée dans un climat dé- tendu et dans une atmosphère cor- diale, avait pris fin vers 21 heures. L'ambiance était bon enfant. Wait and see !


2020-09-22

La FENAPHACO en visite aux centres des PVH à Mbanza- Lemba, Ngaba et Kisenso

La Fédération nationale des asso ciations des personnes vivant avec handicap du Congo (FENAPHACO) et son coordonnateur national Me Pa- trick Pindu Di Lusanga ont visité le week-end dernier, les centres d'héber- gement des personnes vivant avec Handicap à Mbanza Lemba, Kisenso Cimetière et Ngaba dans la ville-pro- vince de Kinshasa pour les sensibili- ser sur les gestes barrières visant à lutter contre la covid-19. A cette occasion, le Coordonna- teur national de la FENAPHACO, Me Patrick Pindu a procédé à la remise des équipements de sensibilisation et de protection contre la COVID-19, notamment des affiches, des dé- pliants, des flyers, des autocollants, des termoflash, des lave-mains, 1300 cache-nez, des cartons de gels hydroalcooliques, des cartons des savons liquides… Il a saisi la même opportunité pour remettre à ses pairs, un lot des den- rées alimentaires composé des car- tons de sardines, des spaghettis et tomates, des bidons d'huile végétale, des sacs de riz, des sacs de semoule et sucre, des cartons des papiers hygiéniques et papiers mouchoirs. Particularité des matériels de sen- sibilisation produits en écriture braille pour les aveugles et les messages spécifiques conçus dans les affiches, pour permettre aux personnes sour- des, de comprendre le message. Tout cela, rien que pour le respect des droits des personnes vivant avec han- dicap en RDC.


2020-09-22

Fièvre afro sur les festivals de cinéma

Près de 200 événements mettant à l'honneur les films africains ou afro-descendants ont vu le jour ces trois dernières années à travers le monde. En septembre 2019, Wilfrid Massamba, réalisateur originaire du Congo Brazzaville inaugurait la pre- mière édition du festival du film afri- cain de la ville de Quibdó en Colom- bie. Quand les lumières de la salle de cinéma se sont éteintes et les pre- mières images du  film d'ouverture congolais Viva Riva ! de Djo Munga ont été projetées à l'écran, Massamba se souvient de l'émotion palpable du public: " les spectateurs s'émer- veillaient de la ressemblance de leurs quartiers et de leurs maisons avec celles du film. C'était comme s'ils se voyaient dans un miroir, le fil invisible avec l'Afrique était maintenant rendu visible grâce au film. " En 2016, quand Wilfrid Massamba se rendait pour la première fois dans la région pour la réalisation d'un re- portage, il avait ressenti lui aussi cette étrange familiarité avec les lieux, malgré les milliers de kilomètres qui le séparaient de sa terre natale. Bien que les afro-colombiens représentent presque 90 % de la population totale, la ville et les médias traditionnels co- lombiens offrent peu d'opportunités pour découvrir les films africains ou de la diaspora, et les réseaux sociaux restent l'un des lieux uniques de dif- fusion de ces histoires. Dès ses premiers jours dans la ville, Massamba a rencontré les mê- mes demandes de la part des habi- tants qui souhaitaient la création d'un événement pour voir les films et où le public pouvait se rencontrer et échan- ger avec les réalisateurs. Fin septem- bre 2020, la deuxième édition du fes- tival aura lieu avec plus de 52 films sélectionnés, soit le double de l'an- née précédente et pas moins de 1000 films envoyés pour la sélection. Un succès ! Soirées endiablées À l'image du festival de Quibdó, ces trois dernières années, autour de 200 festivals du film noir et afro- diasporique ont vu le jour dans le monde. Si une large majorité de ces festivals se situent aux États Unis, de nombreuses villes latino-américaines qui comptent une large population afro-latine comme le Brésil, la Colom- bie ou encore l'Équateur commencent à se doter de leurs propres festivals. Partout, on retrouve le même enjeu, réinvestir les espaces publics de pro- jection pour accueillir les nouvelles productions et utiliser le cinéma comme porte d'entrée pour célébrer l'identité afro-diasporique. Comme tout lieu de commémora- tion, l'ambiance festive est au rendez- vous et se décline dans les danses, les chants, la cuisine et autres lectu- res littéraires. À la Nouvelle-Orléans, le tout jeune Black Film Festival est tout aussi réputé pour sa sélection de films que ses soirées endiablées. Les organisateurs l'ont même inscrit dans les statuts officiels de leur mission " having a good time " (passer du bon temps). Les conversations continuent sous les rythmes de jazz et devant les stands de soul food où les com- munautés africaines, africaines-amé- ricaines et caribéennes échangent leurs avis sur les films et leurs souve- nirs de voyages entrecoupés par les cris de ralliement spontanés " Aché ". Cet intérêt pour les festivals tient en grande partie à la mobilisation des nouvelles générations qui ont déve- loppé des stratégies en ligne pour échanger les films et faire campagne pour le développement de manifesta- tions culturelles afro. Championnes dans ces initiatives, les communau- tés de jeunes afro-brésiliens ont sou- vent collaboré pour obtenir des droits de diffusion de certains films et pro- duire des sous-titres en portugais. En 2018, la réalisatrice noire et activiste féministe Éthel Oliveira de Rio de Ja- neiro avait réussi à montrer les films de la période allemande de l'essayiste et cinéaste africaine-américaine Audrey Lorde, pour la première fois sous-titrés en portugais. Les séances étaient un vrai succès et accueillaient un public majoritairement de femmes noires venues de toute la ville qui pou- vaient enfin échanger  " à armes éga- les " sur l'héritage contemporain de Lorde. Festival et master class Les festivals répondent à cet en- gouement des nouvelles générations par l'organisation de stages intensifs d'initiation à la caméra et de master class. Au festival du cinéma africain de la région de Kabale en Ouganda, les ateliers cinématographiques sont entièrement intégrés à la vie du festi- val qui partage sa sélection entre ci- néma africain et celui de la diaspora. La journée est donc chargée pour les élèves qui, après un rapide cours théorique, partent, caméra en main, explorer les décors idylliques du lac Bunyonyi avant de revenir au festival assister aux projections et débattre avec les réalisateurs et professionnels présents. Le co-fondateur James King Bagyenzi souligne " cette formule école et festival permet aux réalisa- teurs africains de demain de trouver leur propre style tout en ouvrant leur imaginaire aux films de la diaspora. Leur vision du cinéma africain s'enri- chit et ils s'ouvrent à de nouveaux horizons. Tel est le rôle d'un festival de cinéma. " Pour anecdote, pendant leur première édition en 2018, le fes- tival accueillait le gouverneur du Ki- sumu County, le Kényan Anyang Nyong'o et sa femme, parents de la célèbre actrice Hollywoodienne Lupita Nyong'o. Impressionnés par les ate- liers et le travail des élèves, le couple a invité les directeurs du festival à poursuivre le même travail au Kenya. Se réinventer à l'heure du Covid-19 Pandémie oblige, la majorité de ces festivals vont migrer leur programma- tion en ligne via des plateformes digi- tales. Cela représente un coup dur pour le public qui se retrouve privé des espaces de convivialité et des mo- ments de débats après les films. Le virtuel donnera cependant plus de temps aux internautes pour découvrir les films qui resteront disponibles pendant toute la durée du festival. Les interventions avec les réalisateurs pourront aussi être maintenues même si elles seront pour la plupart enre- gistrées en amont des festivals. La ville américaine de Détroit dont 80 % de la population est africaine-améri- caine, aura sa première édition du fes- tival du film noir et afro-diasporique à la mi-septembre. Le festival se tiendra au musée de l'histoire africaine-américaine Charles H. Wright et accueillera le public dans cette situation inédite de distanciation sociale tout en proposant des rencon- tres virtuelles avec les réalisateurs. Quelques mois après les manifesta- tions pour George Floyd, le festival a préparé une thématique spéciale sur la lutte antiraciste et souhaite que les discussions soient pensées comme un espace de guérison pour les popu- lations profondément meurtries par les événements et la pandémie. La crise du Covid-19 ne sera donc pas vécue comme une limite mais plutôt comme une autre piste de réflexion pour la diaspora forcée à penser un futur dans la résistance et la célébration de ses combats passés et futurs.


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