International

2020-07-06

Coronavirus à Madagascar : la capitale à nouveau confinée

Deux mois après son déconfinement, Antananarivo, la capitale de Madagascar a été de nouveau placée en confinement en raison d'un regain de propagation du coronavirus, a annoncé ce di- manche 5 juillet 2020 la présidence malgache. "La région d'Analamanga (dont fait partie la capitale) retourne au confinement total" a indiqué un com- muniqué de la présidence de la République malgache au lende- main du conseil des ministres. Ces mesures ont été prises "pour cause de propagation de l'épidémie et l'accroissement des cas de Covid-19", explique le com- muniqué. "La région d'Analamanga est fer- mée à toute circulation, l'entrée comme la sortie, à partir de lundi jusqu'au 20 juillet". "Seule une personne par foyer a le droit de sortir dans la rue de 6h00 du matin à 12h00", contre 17h00 auparavant, ajoute le texte. Habitué à recenser des dizaines de cas de coronavirus par jour, l'autorité sanitaire malgache a rap- porté des centaines de cas au quoti- dien depuis trois jours, dont 216 pour samedi, un record pour le pays. Les 216 cas de coronavirus de samedi ont été recensés sur 675 personnes testées. De nouveaux dispositifs de restriction de circulation ont été instaurés au ministère de l'Économie et des finances où aucun usager extérieur ne sera autorisé à entrer et à cir- culer pour une durée indéter- minée. Le retour à la normale des activités du tribunal d'Antanana- rivo a été reporté sine die, selon un communiqué du ministère de la Justice. Les réunions du gouverne- ment se font par visioconfé- rence, selon le communiqué de la présidence. Dans la capitale, les habituels défilés nuptiaux du weekend ont fait place à des cortèges mortuaires et dans les journaux, les rubriques nécrologiques multiplient les annon- ces de décès de pesonnalités de tou- tes catégories. Sur les réseaux sociaux, des mé- decins ont exprimé leur solidarité pour des collègues décédés et l'Or- ganisation mondiale de la santé (OMS) à Madagascar a déploré la perte d'un de ses médecins. Les statistiques officielles du gou- vernement ne révèlent que deux morts par jour, ramenant à 29 le nombre de décès du coronavirus depuis le début de l'épidémie. Au total, 1.621 personnes vivent avec le virus actuellement sur la grande Île avec 31 formes graves, parmi les 23.000 personnes testées depuis le début de l'épidémie.


2020-07-06

Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie du 29 juin au 5 juillet

Le 4 juillet 2020, les fêtards dansent dans la rue dans le quartier de Soho à Londres, à la suite d’un nouvel assou- plissement des restrictions visant à autoriser l’ouverture des pubs et des res- taurants pendant la pandémie du nou- veau coronavirus Covid-19. La pandémie a fait plus de 530 000 morts dans le monde depuis l’apparition de la maladie fin décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP samedi soir. Plus de 11 millions de cas d’infec- tion ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires. Publicité La pandémie de Covid-19 « est loin d’être finie » et « s’accélère » même, a averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS), appelant le monde à agir dès à présent sans attendre un vaccin. L’OMS a enregistré ce samedi une augmenta- tion record du nombre de cas confirmés de contaminations au coronavirus dans le monde, avec une hausse de 212 326 cas en 24 heures. Les augmentations les plus importantes ont été constatées aux Etats-Unis, au Brésil et en Inde. Les pays où la pandémie recule Le bilan stagne en France sous la barre des 30 000 morts, avec moins de 20 décès toutes les 24 heures. Une in- formation judiciaire va être ouverte par la Cour de justice de la République à la suite de dizaines de plaintes dépo- sées par des particuliers qui accu- sent Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran, à savoir le Premier ministre et les ministres de la Santé qui étaient en poste au moment de la crise, de ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour protéger les Français. Ces plaintes à la CJR avaient commencé à être déposées quelques jours après le début du confi- nement mi-mars. Elles émanent de par- ticuliers, de médecins, d’associations, ou encore de détenus. Les plaignants dénoncent, selon les cas, des faits de « mise en danger de la vie d’autrui », « homicide involontaire », « non-assis- tance à personne en danger » ou abs- tention de prendre à temps des mesu- res pour endiguer la pandémie. Massivement attendu par des Anglais très attachés à leurs pubs, fermés pen- dant les trois mois de confinement, le « Super Saturday » avait suscité des inquiétudes, la police s’attendant à une activité aussi importante que lors d’un jour de l’An. Des milliers de personnes se sont retrouvées samedi soir dans les pubs, les restaurants et les bars en Angleterre et en Irlande du Nord, alors que le secteur de la restauration rouvrait pour la première fois depuis le mois de mars. Le Premier ministre Boris John- son avait rappelé qu’il était « absolument vital que tout le monde respecte les rè- gles en matière de distanciation sociale », alors que la pandémie a fait plus de 44 000 morts dans le pays. Dimanche matin ce- pendant, de nombreuses photos de Bri- tanniques, joyeusement alcoolisés et peu soucieux des consignes sanitaires, ont inondé réseaux sociaux et journaux. Cuba  opère son déconfinement en toute prudence et toujours avec quelques restrictions. Contrairement à ses voisins américains où le coronavirus fait encore des ravages,  l’île des Caraïbes consi- dère la pandémie sous contrôle. La capitale a donc entamé son déconfinement pour le plus grand soulagement des Cu- bains. Les pays où la pandémie revient Les apparitions de nouveaux foyers de contamination, majoritairement repérés dans des lieux fermés, sont de plus en plus nombreuses, faisant craindre aux autorités le scénario d’une deuxième va- gue. Près de 1 200 cas et au moins un mort dans une mine en Russie, 12 mi- nes fermées en Pologne après la décou- verte de plusieurs milliers de malades du Covid-19 au sein des employés d’un groupe minier, plusieurs milliers de tests positifs parmi les salariés d’abattoirs ou d’usines de transformation de la viande en Allemagne,  France,  États- Unis,  Espagne,  Pays-Bas et  Angle- terre… Des foyers pour travailleurs mi- grants infectés par le coronavirus en France, en  Italie ou à Singapour, et à Chicago, une prison qui enregistre un taux de contamination 30 fois supérieur à celui de la région… Les clusters, ou foyers de contamination sont de plus en plus nom- breux. Et ils émergent en particulier dans les lieux clos. En  Espagne, l’un des pays les plus affectés avec plus de 28 300 morts, une « croissance très importante du nombre de cas de conta- gion de Covid-19 » a amené les autorités de Catalogne à ordonner un reconfinement autour de la ville de Lerida depuis samedi. Dimanche, une deuxième ré- gion d’Espagne a été sou- mise au même régime: les habitants des 14 localités du comté d’A Mariña, en Galice, ne pourront pas sortir de la zone ni se réunir à plus de 10 personnes. « Actuellement, nous avons 106 cas positifs, ce qui repré- sente une hausse de 21 cas depuis hier », a expliqué un responsable régio- nal. Malgré des hôpitaux publics et des systèmes de santé à bout de souffle, les Balkans avaient relativement bien tenu le choc de la première vague de Covid- 19, au printemps, avec un bilan humain resté limité. Mais le déconfiment, rapi- dement engagé au cours du mois de mai par tous les pays de la région, pourrait dramatiquement remettre en cause ce bilan. Fin mai, le  Monténégro s’autoproclamait « premier pays corona- free du monde », et espérait bien lancer sa saison touristique sans tarder. Mais un mois plus tard,  la situation s’est considérablement dégradée : le pe- tit pays de 600 000 habitants recense chaque jour plusieurs dizaines de nou- veaux cas de contamination. Le 15 juin, alors qu’ils n’avaient pas le droit de fran- chir la frontière serbe, des centaines de Monténégrins sont passés par la Bosnie-Herzégovine pour se rendre à Belgrade et assister au match de foot- ball Partizan-Étoile rouge, qui s’est joué devant 15 000 supporters dans la capi- tale serbe. Quelques jours plus tard, on comptait 19 cas positifs et depuis, le vi- rus n’a cessé de se répandre. En Serbie voisine, l’épidémie sem- ble désormais hors de contrôle, par- ticulièrement dans le sud du pays, laissé à lui-même par les autorités centrales. À Novi Pazar, où affluent les malades de la région, il y a des patients jusqu’à dans les couloirs de l’hôpital. Le 30 juin, alors que la Première ministre Ana Brnabiæ et le ministre de la Santé Zlatibor Lonèar étaient en visite à Novi Pazar, le personnel médical les a accueillis en leur tournant le dos. Cette situation sanitaire n’a pas empêché les autorités d’organi- ser un nouveau tour d’élections législati- ves, après les fraudes massives consta- tées le 21 juin. Plus de 200 000 électeurs serbes sont retournés aux urnes mercredi 1er juillet, dans 234 sections, un vérita- ble piège à contagion. Après avoir maî- trisé la première vague de l’épidémie dé- but mai, ce pays des Balkans recense une résurgence du nombre des cas, pas- sant officiellement d’une cinquantaine de contaminations quotidiennes il y a un mois à plus de 350 cette semaine. En Croatie, les électeurs étaient ap- pelés aux urnes pour les législatives ce dimanche, afin d’installer un nouveau gou- vernement qui devra affronter les retom- bées économiques du coronavirus au moment où un regain de contamina- tions met les conservateurs sortants sous pression. Un nouveau confinement, d’au moins deux semaines, est entré en vigueur di- manche au  Kazakhstan  face à un quadruplement du nombre de cas depuis début juin. En Australie, des milliers d’habitants de Melbourne doivent eux aussi rester confinés chez eux pour au moins cinq jours depuis samedi. La Chine, berceau de la pandémie, fait face à un retour du virus depuis la mi-juin à Pékin. Huit nouveaux cas de contamination au coronavirus ont été recensés en Chine continentale, ont an- noncé dimanche les autorités sanitaires chinoises. Six de ces cas étaient « im- portés », selon la Commission nationale de la santé, les deux autres ont été enre- gistrés à Pékin. Le nombre de décès cau- sés par le coronavirus reste inchangé de- puis la mi-mai, avec 4 634 morts dans le pays depuis le début de l’épidémie. Le nombre total de contaminations est de 83 553. Les pays où la pandémie progresse Les États-Unis ont célébré ce samedi une fête nationale à hauts risques en pleine pandémie de Covid-19, qui pro- gresse de façon galopante dans le pays. Les célébrations du 4 juillet, « Jour de l’Indépendance » américaine, ont été revues à la baisse, alors que les États- Unis ont enregistré le même jour 43 742 nouvelles contaminations et 252 nouveaux décès, selon l’Université Johns Hopkins.


2020-07-02

Un prêtre décrit son expérience avec les patients COVID-19

Grzegorz Draus n'est pas un astronaute, bien qu'il puisse en ressembler à un, ni un pilote d'une sorte de vaisseau spatial spécial, mais il fait partie d'une mission très spéciale. Les me- sures de protection et de sé- curité sont énormes, il doit por- ter un type d'équipement de protection très spécifique qui comprend pas moins de 14 ar- ticles différents. Il n'est pas le seul obligé d'utiliser cet équi- pement; tous ceux qui partici- pent à cette mission doivent le faire. L'objectif: prendre soin du corps et de l'âme des pa- tients COVID-19 dans un hôpi- tal spécial de la ville de Lviv en Ukraine. Dans les couloirs de l'hôpi- tal, il y a beaucoup d'autres personnes dévouées à la même cause, habillées comme lui en masque facial, lunettes de protection, salopette, gants et combinaison de chaudière. Grzegorz, il est reconnaissable car il porte un élément supplé- mentaire dans son équipement qui le distingue des autres, à savoir son étole sacerdotale. Grzegorz Draus est en fait le père Grzegorz, un prêtre ca- tholique polonais de Lublin, qui exerce depuis neuf ans son mi- nistère à Lviv, l'un des centres culturels et scientifiques les plus importants d'Ukraine. Dans la région de Lviv, il y a plus de 3000 personnes infec- tées et 700 d'entre elles à l'hô- pital, tandis que près de 100 sont mortes à ce jour de l'épi- démie de coronavirus. Ici, de- puis le début de la pandémie, il rend visite aux patients COVID-19 à l'hôpital deux fois par semaine. "Malheureuse- ment, en raison de mes autres travaux pastoraux, il m'est im- possible de visiter plus sou- vent", explique-t-il tristement. Cette longue bande de tissu que le prêtre place autour de son cou est quelque chose de si normal pour de nombreux catholiques qu'elle passe par- fois presque inaperçue, mais à des moments exceptionnels tels que ceux-ci, l'étole sacerdotale symbolise très puissamment la vocation du prêtre - celle d'un pasteur qui , si nécessaire, est prêt à porter ses brebis sur ses épaules, et un guide conduisant les âmes à la vie éternelle. La maladie est partout "Je passe huit heures à l'inté- rieur de cet" uniforme ", com- posé de 13 articles différents. Quand je vais d'un hôpital à un autre, je dois changer une par- tie de l'équipement et me désin- fecter avec un type spécial de li- quide ", explique-t-il, s'exprimant dans une interview à la charité pastorale catholique internatio- nale et à la fondation pontificale Aid to the Church in Need (ACN International) . Dans l'hôpital où travaille le père Grzegorz, toute personne travaillant avec des patients COVID-19 doit se soumettre à des mesures de sécurité extrê- mes. "Dans d'autres hôpitaux, il y a de nombreux cas de trans- mission du virus, même chez les médecins, car ils ne prennent pas autant de mesures de sécu- rité. Mais nous ne pouvons pas baisser la garde car la maladie est partout. J'en ai eu la preuve à deux reprises et grâce à Dieu, je vais toujours bien. " "Pour moi, la partie la plus dif- ficile est de devoir travailler mal- gré l'humidité et la transpiration car tout se brouille et il est pres- que impossible de voir quoi que ce soit. Je ne peux pas imaginer comment les infirmiè- res peuvent réussir à travailler dans de telles conditions; c'est loin d'être facile. Mais ils doi- vent néanmoins faire leur tra- vail, par exemple en faisant des injections ", explique le père Grzegorz. Chaque jour un petit miracle Lui aussi fait son travail, ce qui n'est pas facile non plus. "Je visite chaque pièce, je les bénis, je leur parle et j'essaie de leur annoncer de bonnes nouvelles. Je parle de l'amour de Dieu. Je ne souffre pas de la maladie… Dieu sait que ce serait assez difficile pour moi. Les patients ont une foi solide. Je leur ai dit que Jésus-Christ est très proche d'eux dans leurs souffrances, car Lui aussi a souffert des mêmes symptô- mes que ceux qui luttent con- tre cette maladie car Lui aussi a eu du mal à respirer… " En plus de leurs souffrances physiques, "la chose la plus dif- ficile pour les patients à l'hôpi- tal est les conséquences de la maladie et les problèmes qu'elle entraîne pour les autres - l'hospitalisation et l'isole- ment. Certains d'entre eux peu- vent même se sentir coupables et se blâmer. " Afin de les fortifier spirituel- lement, le Père Grzegorz en- tend les confessions de ceux qui le demandent et leur distri- bue la Sainte Communion. En raison des réglementations sa- nitaires, il ne peut consommer aucun des hôtes consacrés res- tants, ni les conserver ni les sau- vegarder de quelque manière que ce soit. "Mais chaque jour, je fais un petit miracle, car le nombre de personnes recevant la Sainte Communion est exac- tement égal au nombre d'hôtes que j'emmène avec moi", dit-il à ACN. La fascination du sacerdoce Le père Grzegorz n'aurait ja- mais pu imaginer que son mi- nistère l'aurait amené à cette si- tuation, mais il a toujours été très clair que suivre l'appel de Dieu au sacerdoce serait une activité pleine de fascination. "Dieu n'a pas besoin de votre sacrifice, mais de votre amour", lui avait déjà répondu un ami lorsque, adolescent, Grzegorz lui avait dit "qu'il voulait se sa- crifier pour servir les pauvres". Au cours des près de 25 an- nées qu'il a passées depuis lors, aimant les pauvres et les nécessiteux, ce prêtre polonais n'a jamais "un seul jour" regretté son ordination. La seule chose qu'il désire est de suivre l'exem- ple de sainte Thérèse de Cal- cutta, "qui ne dormait que qua- tre ou cinq heures par jour parce qu'elle était pleine de zèle pour son travail et aimait ce qu'elle faisait. Moi aussi, je veux aimer ce que je fais de la même ma- nière, jusqu'au bout. " En soutenant le service héroï- que des prêtres et religieux ukrainiens pendant la pandé- mie, ACN International a fourni l'équipement de protection né- cessaire - y compris des mas- ques faciaux, des gants, des antiseptiques, etc. - à 3478 prê- tres, 92 séminaristes et environ un millier de membres des com- munautés religieuses , pour leur propre protection et pour empê- cher la propagation de la mala- die .


2020-07-01

En Russie, l'étrange vote sur la Constitution

Bureaux de vote ambulants, cam- pagne électorale à sens unique, lote- ries pour encourager les électeurs à voter... Le déroulement du vote sur la réforme de la Constitution suscite de nombreuses questions - et de sarcas- mes- sur les réseaux sociaux. L'issue du " vote national " ne fait quant à elle aucun doute : c'est le " Oui " qui va l'emporter, ce qui permettrait à Vladi- mir Poutine de briguer deux nouveaux mandats et de rester au pouvoir jus- qu'en 2036. Avant même la fin d'un scrutin étalé sur une semaine pour cause de coronavirus, un institut de sondage russe donne déjà des résultats " de sortie des urnes " et sans surprise c'est le " Oui " qui l'emporte avec plus de 75 % des voix. Interrogée sur l'irrégularité de la publication d'un sondage en cours de scrutin, la commission élec- torale russe s'est contenté de la re- gretter mais a reconnu n'avoir " aucun levier " pour l'interdire. Explication : le vote sur la réforme de la Constitution n'est pas régi par la loi électorale en vigueur - les autorités ayant pris soin de ne pas le qualifier de " référendum ". Un vote " hors ca- dre " ou tout, ou presque, devient dès lors possible. Ce qui suscite nombre de critiques et de commentaires acer- bes de la part de l'opposition ou sur les réseaux sociaux. Pour l'ONG d'ob- servation électorale Golos, interrogée par le Moscow Times, ce vote serait même " l'un des moins transparents et l'un des plus manipulés " de ceux der- nières décennies en Russie. Voitures et appartements à gagner Car si l'issue du vote ne fait aucun doute - avec comme conséquence la possibilité pour Vladimir Poutine de se présenter pour deux mandats supplé- mentaires -, c'est le taux de participa- tion qui inquiète les autorités. Prévu ini- tialement en avril, après l'annonce sur- prise de la réforme de la Constitution en janvier, le vote a dû être repoussé de plus de deux mois pour cause de coronavirus. Une dynamique politique cassée, et des électeurs démotivés : tout est donc fait pour encourager les Russes à aller voter. Comme l'ont souligné plusieurs médias russes, les méthodes tradition- nelles sont mises à contribution, avec les pressions exercées par les gran- des entreprises et les administrations sur leurs employés pour voter, et faire voter leurs proches. Et les " loteries " organisées à l'occasion du vote ont pris une ampleur inégalée dans le passé. NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Dans certaines régions, les électeurs peuvent gagner un téléphone, une voi- ture, voire même un appartement. À Moscou, les lots sont plus modestes puisqu'il s'agit pour l'essentiel de bons d'achat à dépenser dans les commer- ces de la capitale russe. Mais le mon- tant total des sommes engagées s'élève tout de même à plus d'une centaine de millions d'euros. Bureaux de vote ambulants Pour faciliter le scrutin malgré les risques liés à l'épidémie de coronavirus, les autorités ont également encouragé le vote à domicile et autorisé la mise en place de bureaux mobiles, en plein air. Résultat, les réseaux sociaux russes ont été inondés d'images assez éton- nantes de bureaux de vote improvisés sur des parkings, à l'arrière de camion- nettes, ou sur des bancs publics. À mille lieues des normes internationales en matière électorale. Autre critique adressée cette fois par l'opposition : l'absence de débat, et même de possibilité de débattre sur cette réforme de la Constitution. Pour cause de coronavirus, les rassemble- ments ont été interdits, et le camp du " Non " n'a obtenu aucun espace d'expres- sion à la télévision, où les seules voix audibles étaient en faveur de la réforme. Il est vrai qu'une bonne partie de l'oppo- sition a considéré d'emblée ce vote comme étant illégitime, et a préféré ap- pelé à son boycott.


2020-06-27

Madagascar: pas de grandes célébrations pour le 60e anniversaire de l'indépendance

C'est un drôle d'anniversaire à Madagascar. Pas de célébra- tions en grande pompe dans le stade mythique où fut proclamé l'indépendance, mais un défilé militaire à huis clos avec un pré- sident qui appelle à l'unité. Publicité " C'est grâce à l'amour de la nation, à la fierté nationale et à la souveraineté de Madagascar, conformément aux objectifs que nous nous sommes fixés, que tu seras sortie d'affaire, Madagas- car. " C'est par ses mort que le chef de l'État a clos le défilé. Il s'est également montré opti- miste quant à l'éradication du coronavirus dans le pays. Pour le clin d'œil, le président Rajoelina a passé les troupes en revue à bord de la Cadillac dé- capotable blanche qui avait été utilisée par le président Tsira- nana, il y a 60 ans jour pour jour, lors du tout premier défilé de l'ar- mée malgache. La parade militaire de cette an- née a mis à l'honneur toutes les brigades et bataillons créés spé- cialement pour lutter contre la pro- pagation de la pandémie. Une di- zaine de camions et voiture floqués " Lutte anti-Covid19 ", celles que l'on voit sillonner quo- tidiennement la capitale, ont el- les aussi pris part au défilé. Mais ce qui a véritablement marqué les esprits ce matin, c'est le disposi- tif de sécurité impressionnant pour éviter officiellement tout at- troupement et contamination. Publicité Près de 3 000 forces de l'or- dre ont été réparties à chaque coin de rue. Le centre-ville de la capitale a été entièrement bouclé. Il n'y avait quasiment pas un seul passant dans les rues. Les habi- tants ont respecté les consignes en ne tentant pas de se rappro- cher du défilé malgré leur fort at- tachement à cette tradition. Une atmosphère de ville morte donc pour ce 60e anniversaire que le président a promis de faire oublier en confirmant le report des festi- vités au 14 octobre prochain, date de la célébration de la naissance de la première République.


2020-06-27

Le Burundi enterre son ancien président Pierre Nkurunziza

Les obsèques nationales du président Nkurunziza ont eu lieu ce vendredi matin à Karousi, dans le centre du Burundi. L’ex- chef de l’État est mort, le 8 juin dernier, à l’âge de 55 ans et possiblement du Covid-19. Sa dépouille a été ensuite convoyée sur 60 kilomètres jusqu’à Gitega où son successeur lui a rendu un vibrant hommage. Le convoi mortuaire  est arrivé sur le coup de midi au stade Ingoma de Gitega, où il a eu droits aux honneurs militaires. Son cer- cueil, monté sur une jeep militaire de commandement et entourés de plusieurs généraux qui mar- chaient au pas, a fait le tour d’un stade rempli d’invités tout de blanc vêtu. Une marche lente ac- compagnée de chansons religieu- ses, de pleurs et de cris de dou- leur, certaines personnes se sont même évanouies et ont été éva- cuées par des agents de la Croix- Rouge du Burundi. Dans tout le stade, pas distan- ciation sociale et très peu de mas- ques dans un pays où le Covid- 19 circule. Des sources concor- dantes assurent d’ailleurs que l’ex-président Nkurunziza serait décédé des suites de cette mala- die. La perte de son « bien-aimé » De nombreux hommages ont été rendu à l’ancien chef de l’État. Le premier à prendre la parole, a été  le nouveau président burundais Éva- riste Ndayishimiye, frère d’armes de Nkurunziza durant les années de guerre civile. Des sanglots dans la voix, il a déclaré que le Burundi avait « perdu un père, un ami, un sauveur et un chef d’État sans avoir eu le temps de l’accompagner ». Il a mul- tiplié les superlatifs, en expliquant que si Dieu « nous avait donné le choix, ce n’est pas vous qui serait parti ». Publicité La veuve du défunt  s’est dit af- fligé par la perte de son « bien- aimé », mais Denise Bucumi, pas- teur dans une église évangélique, a aussi assuré que « Dieu m’a ap- pris à dire merci en toute chose, je l’ai fait et cela m’a donné la force de tenir ».


2020-06-27

Virus: annuler ou pas ? Ryad face à un choix cornélien pour le grand pèlerinage (hadj)

Limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hadj en raison de la COVID- 19? À quelques semaines du grand pèlerinage annuel à La Mecque, l'Ara- bie saoudite se trouve face à un choix délicat. Prévu fin juillet, le "hajj" est l'un des plus grands rassemblements au monde. Mais alors que le temps presse, le royaume n'a toujours pas dit ses intentions. En 2019, le pèlerinage, que tout fidèle musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens, a attiré quelque 2,5 millions de fidèles. Une telle affluence semble exclue cette année: Ryad a demandé dès fin mars aux pays musulmans - chargés de sélectionner les pèlerins candi- dats, payer d'avance leurs frais d'hé- bergement et transports, etc. - de re- porter leurs préparatifs. "Cela va se jouer à pile ou face pour maintenir le hadj ou l'annuler complètement", soupire auprès de l'AFP un responsable d'un pays d'Asie du Sud. "La décision sera bientôt prise et annoncée", assure de son côté un responsable saoudien. L'Indonésie, pays musulman le plus peuplé, a pris l'"amère et diffi- cile" décision de renoncer au hadj, tout comme la Malaisie et Singapour. Le Sénégal a dit lui suspendre "tou- tes les formalités pour le voyage" des pèlerins. D'autres pays - de l'Égypte au Maroc en passant par la Turquie ou le Liban - attendent toujours une décision de Ryad. En France, les fidèles ont été ap- pelés par le Conseil français du culte musulman à "différer" leur pèlerinage à 2021. "Gagner du temps" En raison de la promiscuité entre pèlerins, le hadj peut devenir un énorme vecteur de contagion de la COVID-19. Mais toute décision pour limiter ou annuler le hadj pourrait susciter la colère de musulmans estimant que la religion doit être au-dessus des préoccupations sanitaires. Et Ryad pourrait voir son rôle de gardien des lieux saints de l'islam remis en question alors qu'il s'agit d'une puissante source de légitimité politique, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du royaume. Déjà, des incidents mortels - dont une bousculade ayant fait en 2015 quel- que 2 300 morts - avaient suscité des critiques sur la gestion du hadj par Ryad. "Le retard dans l'annonce de sa dé- cision montre que (l'Arabie saoudite) pèse les conséquences politiques de l'annulation du hadj ou de la réduction de son ampleur", estime Umar Karim, chercheur au Royal United Services Institute de Londres. Le royaume "gagne du temps", juge le responsable d'un pays d'Asie du Sud. "Si les Saoudiens disent, à la der- nière minute, être prêts pour le hadj, de nombreux pays ne seront pas en mesure d'y participer", remarque-t-il. De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hadj n'accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible, ajoute-t-il. Avec 120 000 cas - dont plus de 1 000 décès - déclarés officiellement, le pays cherche toujours à contenir le nouveau coronavirus. Les autorités ont ainsi renforcé les mesures de confinement à Jeddah (ouest), porte d'entrée de la Mecque. "Cœur brisé" L'annulation du hadj serait une pre- mière depuis la fondation, en 1932, du royaume qui avait maintenu le pèleri- nage lors des épidémies d'Ebola et du MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) "Si l'Arabie saoudite le maintient, elle accentuera la pression sur son pro- pre système de santé", juge Yasmine Farouk, du centre Carnegie. Et si le virus se propage, "elle pour- rait aussi en être tenue responsable", souligne-t-elle. Un hadj annulé ou limité serait aussi une perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le double choc de la pandémie et de la chute des prix du pétrole. Lors du hadj et de la omra - le petit pèlerinage, qui peut s'effectuer toute l'année et qui a été suspendu en mars -, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d'euros dans l'économie saoudienne, selon le gouvernement. En cas d'annulation du hadj, Ryad décevrait des millions de musulmans, qui consacrent parfois toutes leurs éco- nomies à ce pilier de l'islam. "Je ne peux pas m'empêcher d'avoir le cœur brisé. j'attends depuis des an- nées" ce moment, se désole, en pleurs, une fonctionnaire indonésienne Ria Taurisnawati, 37 ans.


2020-06-27

Éthiopie: le Conseil de sécurité va se pencher sur le dossier du barrage de la Renaissance

Les pourparlers entre le Sou- dan, l'Éthiopie et l'Égypte sur le barrage de la Renaissance sont au point mort. Les Nations unies sont maintenant saisies de la question puisque l'Égypte, ap- puyée par Washington, a tout fait pour que le Conseil de sécurité ouvre un débat public sur le pro- jet éthiopien. Et le Caire a fini par obtenir gain de cause. Publicité Au terme d'une semaine d'in- tense bagarre diplomatique, la présidence française du Conseil de sécurité a fini par trancher ce jeudi et va se pencher sur les tensions autour du barrage de la Renaissance. Le Soudan et l'Égypte devront présenter leurs arguments par vidéoconférence lundi prochain, l'Éthiopie pourra ensuite leur répondre, et le Con- seil devra adopter, non pas une résolution, mais une position commune. Toute la semaine, l'Égypte a tout fait pour pousser le Conseil et la présidence française à se prononcer sur la question. Sans soutenir directement l'initiative du Caire, le Soudan a quant à lui re- connu le bénéfice que pourrait apporter le barrage, mais dé- noncé le " risque pour des millions de Soudanais " si l'Éthiopie mettait son plan à exécution de dé- marrer, sans accord avec ses voi- sins, le remplissage du réservoir le mois prochain, alors que la sai- son de pluies a commencé. L'Éthiopie pour sa part a réfuté la dramatisation de la question, esti- mant que le remplissage n'allait affecter que marginalement le dé- bit du Nil. Vers plus d'implication de l'Union africaine Il ne sera pas aisé pour Con- seil de sécurité d'arriver à un consensus puisque à ce stade, il n'est déjà pas unanime. Washington et son droit de veto, dont la médiation a échoué en février dernier, est désormais clairement du côté de l'Égypte contre l'Éthiopie. Mais le Niger et l'Afrique du Sud, membres non- permanents, soutenus par la Chine, estiment au contraire que la question n'a rien à faire à New York, et plaident pour laisser l'Union africaine jouer un rôle plus important. Du reste c'est aussi l'avis du président en exercice de l'UA, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, si l'on en croit l'hebdomadaire éthio- pien Addis Standard. Un sommet virtuel extraordinaire devrait se tenir cet après-midi sous sa pré- sidence, dit le journal, avec le pré- sident égyptien, les Premiers mi- nistres soudanais et éthiopien, et trois pays observateurs qui sont le Kenya, la RDC et le Mali.


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